NOUS, ON FAIT NOTRE BILAN. ET EUX ?
Il est toujours fascinant d’observer une campagne municipale. Ce moment suspendu où, soudain, des responsables politiques redécouvrent avec une fraîcheur presque candide les problèmes qu’ils administraient encore hier. Comme si l’exercice du pouvoir produisait une forme d’amnésie sélective, immédiatement réparée à l’approche des urnes.
Dans ce théâtre bien rodé, chacun joue sa partition : promesses recyclées, indignations calibrées, priorités redécouvertes. Rien de nouveau, sinon l’emballage.
Et au milieu de ce ballet parfaitement prévisible, une anomalie.
Le Comité populaire VESEMT créé pour palier à notre absence à cette élection. Absence explicité sur un autre article sur le site….Mais que nous pourrons évidemment compléter en « public ».

Sa faute ? Avoir fait ce que la politique évite soigneusement : produire un bilan. Un vrai. Un bilan qui ne cherche ni à séduire ni à rassurer. Un bilan qui dérange.
Car un bilan, lorsqu’il est honnête, ne caresse pas. Il gratte. Il insiste. Il rappelle.
Les chiffres, d’abord. Parce qu’ils disent quelque chose.
Sur Facebook : près de 9 000 vues. Plus de 300 par publication. Des pics qui dépassent les 1 000.
Sur le site : plus d’une centaine de lecteurs par article.
Autrement dit : des citoyens qui lisent. Qui prennent le temps. Qui confrontent les idées. Une pratique devenue presque subversive dans un paysage saturé de slogans.
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Mais surtout, des textes.
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Des textes qui nomment.
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Des textes qui décrivent.
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Des textes qui attaquent.
Prenons-les un par un.
“MUNICIPALES 2026 : Second tour — Bravo des deux côtés… et des intervalles”
Ici, ce qui est visé, c’est la logique d’entre-deux tours : cette mécanique où les vainqueurs ne gagnent jamais vraiment et où les perdants ne perdent jamais totalement. Une politique de l’entre-soi où l’on “élit ceux qui n’ont pas perdu suffisamment pour être honnêtes”. Une critique directe des alliances opportunistes, des compromis sans cap, des majorités construites non sur des projets mais sur des équilibres fragiles.
“Premier tour 2026 : Anatomie d’un rapport de force… et autopsie d’une illusion”
Ce texte attaque frontalement la mise en scène démocratique elle-même. Une démocratie qui fonctionne encore, certes, mais dont la vitalité s’érode. “Faire une autopsie sur une démocratie encore chaude” : l’image dérange, mais elle dit tout. Elle vise les listes qui se satisfont de règles du jeu qu’elles vident progressivement de leur sens.
“Premier tour : voter blanc”
Ici, la cible est double. D’un côté, les listes incapables de proposer une alternative réelle. De l’autre, un système qui réduit le choix à une opposition artificielle. “Refuser de choisir entre la cravate et l’écharpe” : derrière la formule, une attaque claire contre une offre politique perçue comme interchangeable, où les différences tiennent davantage à la posture qu’au fond.
“Municipales : l’alternance sans l’alternative”
Ce texte vise le cœur du problème : le renouvellement de façade. Changer les équipes, conserver les logiques. “Changer les meubles sans changer l’odeur” : une critique des cycles politiques où l’alternance devient un simple mécanisme d’usure, sans transformation réelle des politiques publiques.
“Ni gestion molle, ni faux-semblant de gauche”
Ici, l’attaque se précise. D’un côté, une gestion jugée prudente au point de devenir inerte. De l’autre, des postures idéologiques sans traduction concrète. Une politique “tiède”, incapable de produire des effets tangibles. Une critique directe des listes qui revendiquent des valeurs sans en assumer les conséquences.
“Les choix budgétaires ne sont jamais neutres”
Ce texte s’en prend à un angle souvent évité : la responsabilité financière. Derrière chaque décision budgétaire se cachent des priorités politiques. Parler de neutralité, c’est masquer des arbitrages. “Des mensonges polis qui piquent votre portefeuille” : une attaque contre l’opacité et la technicisation du débat budgétaire.
“Ville inclusive : l’art d’inclure sans rien changer”
Enfin, ce texte cible une rhétorique devenue omniprésente. L’inclusion comme mot d’ordre. Mais sans transformation structurelle. Une critique des politiques symboliques, des annonces sans effets, des dispositifs qui affichent des intentions sans modifier les réalités.
Et pendant ce temps ?
Les listes promettent. Encore. Toujours. Mais leur bilan ? Silence.
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Rien sur 2020.
- Rien sur de 2020 à 2026. Nous oui (voir Bilan des EluEs VESEMT là : https://vesemt.org/?p=530)
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Rien sur les décisions prises.
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Rien sur les erreurs.
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Rien sur les renoncements.
Seulement des mots neufs posés sur des actes anciens. Alors la question demeure, simple, directe, incontournable :
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Qu’avez-vous fait ?
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Qu’avez-vous raté ?
- Pourquoi une aussi fable participation, notamment dans les quartiers populaires ?
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Qu’assumez-vous ?
Car gouverner, ce n’est pas seulement promettre. C’est répondre.
VESEMT, lui, répond. Et vous ?
Parce que la démocratie n’est pas une opération de communication. C’est un exercice de mémoire.
