Saint-Pierre-des-Corps

Unité plurielle : quand sept font chœur… sauf un

 

Il fallait bien que cela arrivât : même dans une formation qui se veut “unie”, quelqu’un finisse par comprendre le mot comme un verbe à conjuguer au conditionnel.

Ainsi donc, la très harmonieusement baptisée Gauche Unie Écologique et Sociale, forte de ses 7 éluEs : chiffre biblique s’il en est, propice aux révélations, est parvenue à accomplir un prodige démocratique : produire une dissonance sur une partition à une seule note.

 

 

Car enfin, sur un ordre du jour d’une légèreté quasi diététique (on y aurait cherché en vain une réforme de l’État ou l’abolition de la gravité), six consciences, telles des métronomes militants, battent à l’unisson… tandis que la septième, prise d’un soudain vertige d’autonomie, vote “pour” la désignation du maire et de ses adjointEs. “Pour”. Ce mot simple, monosyllabique, presque vulgaire dans un tel contexte.

On imagine l’instant : le bulletin glissé dans l’urne avec la discrétion d’un pet dans un ascenseur, mais dont les conséquences olfactives et politiques, s’entend , ne tarderont pas à se faire sentir. Était-ce un acte de bravoure ? Une erreur de manipulation ? Ou bien cette manifestation rarissime d’un libre arbitre égaré, comme un « raciste notoire » à une réunion de la CGT ?

Pendant ce temps, les six autres, stoïques, fidèles à la ligne …. laquelle, à défaut d’être claire, a au moins le mérite d’exister, persistent dans leur cohérence collective. Une cohérence si parfaite qu’elle en devient presque suspecte, comme ces couples qui s’appellent “mon amour” après vingt ans de mariage : on sent bien que quelque chose ne tourne pas rond, mais on n’ose pas demander quoi.

Et tout cela pour quoi ? Pour une séance d’installation où l’essentiel était déjà écrit, scellé, emballé, livré. Une formalité, en somme. Mais voilà : même dans le néant décisionnel, certains trouvent le moyen d’introduire un soupçon de chaos.

Cela promet, en effet.

Car si, dès les premiers pas, sur un terrain aussi plat qu’un discours de technocrate, l’unité proclamée trébuche sur un bulletin mal inspiré, que se passera-t-il lorsque viendront les vrais sujets ? Les budgets, les arbitrages, les désaccords qui fâchent : bref, la politique ?

On attend la suite avec une curiosité mêlée d’appréhension, comme on regarde un funambule monter sur son fil… en constatant qu’il a déjà oublié son balancier.

Au fait, à défaut d’énormité, il y a eu récidive vu qu’il y a eu deux votes distincts!