Conseil Municipal du 23 septembre (Épisode 2) : La vente du 33 rue Pierre Sémard, entre amnésie des Domaines et enfumage notarial
Cet article fait suite à notre première publication d’hier sur les coulisses de ce conseil, à retrouver ici : Conseil municipal : après le voyage immobile, le vote invisible
« Nous savons qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent, et ils persistent à mentir. »
Peu importe son véritable auteur : cette phrase dit quelque chose d’essentiel sur ce que nous observons ici. À force de voir la Majorité municipale brandir et agiter en boucle l’histoire communiste de notre ville, on en vient légitimement à se demander si, au sens de cette formule, ce n’est pas tout simplement leur plus mauvaise et intime source d’inspiration!
Introduction : quand la narration municipale s’arrange avec les faits
J’ai récupéré (mais chut, faut pas le répéter) le dossier du Conseil Municipal… Donc je vous fais part des énormités (en restant poli, car on est plus proche de l’irrégularité) lors du Conseil Municipal du 23 septembre en complément de notre texte d’hier
Donc aujourd’hui, notre analyse critique des contradictions documentaires, de l’occultation des estimations des Domaines et des opacités procédurales concernant la vente du bien communal situé 33 rue Pierre Sémard (Cadastre BC 139).
Entre la délibération portée par Madame Marion Persiani en décembre 2024 et les documents présentés sous l’égide de Monsieur le Maire Olivier Conte pour le Conseil municipal du 23 septembre 2026, le traitement du bien immobilier municipal situé au 33 rue Pierre Sémard fait l’objet d’une spectaculaire métamorphose narrative. Sous couvert de gestion dynamique du patrimoine, l’examen croisé des pièces révèle des omissions factuelles substantielles, un effacement sélectif de l’évaluation domaniale initiale et un recours inexpliqué à un mandat notarial exclusif.
1. La contradiction centrale : l’effacement opportun de l’estimation des Domaines
La version de décembre 2024 (Rapporteur : Marion Persiani)
Le document officiel est on ne peut plus clair :
« Les Domaines ont estimé ce bien 144 000 € net vendeur et sans la marge d’appréciation habituelle de moins 10 %. »
La majorité municipale reconnaissait alors explicitement que c’est en raison de cette référence intangible que les offres des candidats — dont celle du groupe SEREA à 135 209 € : avaient dû être jugées « acceptables » malgré leur décote.
La version de septembre 2026
Le récit officiel change du tout au tout en évacuant purement et simplement cette contrainte financière. La municipalité se contente d’indiquer qu’une première tentative a échoué « faute d’obtention d’un prêt bancaire », en passant sous silence le montant de référence fixé par les Domaines à 144 000 €.
Le mensonge par omission et la mise en situation
En voulant relancer la procédure en 2026 sans fixer de prix plancher stable (« le montant de mise à prix n’est pas encore finalisé, une nouvelle estimation des Domaines étant attendue »), l’exécutif municipal et son Maire Olivier Conte jettent un voile opaque sur la réalité financière du dossier.
Car la contradiction est flagrante. Quelques minutes plus tard, sur la vente du 89 rue Ambroise Croizat, le même Maire affirme tranquillement que « en dessous de 188 000 €, vous n’avez pas besoin d’avoir un avis » des Domaines (séance du 23 septembre 2026). Autrement dit : l’estimation domaniale n’est pas une obligation légale pour un bien de cette valeur. Elle n’était donc pas « attendue » — elle est choisie. Et si elle est choisie, c’est qu’elle a un usage : servir de paravent.
Car que craindrait-on à l’annoncer ? Si l’estimation initiale était de 144 000 € en 2023–2024 pour un bien resté vacant et dont l’état ne s’est pas bonifié, toute nouvelle estimation ne pourrait être que égale ou inférieure. En refusant de fixer publiquement un prix plancher et en s’abritant derrière une « attente » qui n’a aucune base légale, l’exécutif municipal s’épargne une comparaison embarrassante avec le prix de référence de 2024 — celui-là même qui avait conduit à juger « acceptable » une offre à 135 209 €, soit près de 9 000 € en dessous de l’estimation.
Derrière l’apparente prudence administrative se cache donc un choix politique : ne pas dire à quel prix la Ville brade son patrimoine.
2. Les faiblesses juridiques et procédurales pointées par l’analyse
A. Le silence sur les alternatives : l’éviction de l’offre supérieure de 2024
En retraçant l’échec de la vente de 2024, le document de septembre 2026 omet un fait juridique et chiffré majeur consigné dans la note initiale de Marion Persiani : il existait une offre concurrente émanant de M. Muanamfumu Tansia (Candidat n°1) s’élevant à 136 116 €, soit un montant supérieur à l’offre du groupe SEREA (135 209 €) finalement retenue. Si ce premier candidat avait été écarté pour des motifs d’urbanisme (gestion des PHEC) et non pour solvabilité, la défection ultérieure du groupe SEREA aurait juridiquement permis à la municipalité de rouvrir le dialogue sur cette offre plus avantageuse financièrement. La nouvelle narration enterre cette piste sans explication.
B. Le choix du mandat exclusif et le risque d’opacité notariale
La municipalité choisit de confier un mandat de vente exclusif (incluant des enchères interactives VNI) à l’étude notariale de Maître Morin.
- Le constat : cette même étude collabore de manière récurrente avec la Ville de Saint-Pierre-des-Corps pour ses cessions immobilières.
- La critique de la méthode : aucun élément du dossier ne justifie une mise en concurrence ou une rotation des professionnels du droit. L’argument commode de « l’ancrage local » ne dispense pas la collectivité de respecter les principes fondamentaux de bonne gestion et d’égalité d’accès de la commande publique ou des prestations de services. De surcroît, l’imposition d’une période d’exclusivité de 8 semaines prive la Ville de toute souplesse stratégique en cas d’avis insatisfaisant de France Domaine.
Conclusion : fragilité juridique de la délibération et appel à la vigilance citoyenne
Modifier la ligne narrative d’une délibération d’une année sur l’autre en gommant les repères juridiques et financiers (comme l’estimation domaniale à 144 000 €) expose l’exécutif municipal à de réelles vulnérabilités contentieuses. Sur le plan de la sécurité juridique, une telle incohérence formelle et matérielle entre deux actes administratifs portant sur le même bien fragilise la solidité de la décision votée en conseil, ouvrant la voie à des contestations sur la sincérité et la
transparence de la gestion du patrimoine des Corpopétrussiens.
Au Comité Populaire de VESEMT, on ne lâche rien : face à cette opacité et au piétinement de la transparence démocratique, nous appelons les élus d’opposition à exiger le retrait de cette délibération bancale pour éclairer les citoyens vigilants
Il est urgent de remettre à plat la gestion de nos biens communs, loin des arrangements de couloir et de la réécriture à géométrie variable de l’histoire municipale !
Demain, retrouvez l’épisode 3 de notre série sur le Conseil municipal du 23 septembre, consacré aux ambiguïtés du Plan Partenarial d’Aménagement (PPA)-Gare- Porte Est Métropolitaine ou aux conditions de la vente au 89 rue Ambroise Croizat et Îlot des Bastes, et autres perles. Nous en sommes désolé mais on n’a pas eu le temps de tout détailler depuis hier…..tant il y a du lourd!…
À Saint-Pierre-des-Corps, le 28/09/2026.
Abd-El-Kader AÏT-MOHAMED habitant du QPV de la Galboisière avec vue sur la Gare TGV
Membre du Comité populaire et néanmoins bienveillant de Vivre (surtout) Ensemble et (si possible) Solidaires en Métropole Tourangelle
