Municipales : l’alternance sans l’alternative
À lire les programmes de SPA et de la GUES, la ville de demain sera verte, solidaire, agréable, dynamique et probablement très heureuse.
C’est une excellente nouvelle. La seule chose qui manque, curieusement, c’est la réalité d’aujourd’hui.
Car un programme municipal sérieux commence normalement par un diagnostic :
quels sont les problèmes de la ville, où sont les urgences, combien cela coûte de les résoudre ?
Dans les deux documents, ces questions restent délicatement posées… mais jamais vraiment traitées.
SPA : promettre beaucoup, compter plus tard
Le programme SPA promet davantage d’espaces verts, de mobilités douces, de soutien aux commerces et d’amélioration du cadre de vie.
Personne ne contestera ces objectifs.
Personne n’a jamais perdu une élection en promettant plus d’arbres et moins de voitures.
Mais le document ne dit pas :
- combien d’espaces verts manquent réellement,
- quelles rues sont prioritaires,
- combien coûteront les transformations proposées.
Autrement dit : les intentions sont nombreuses, les chiffres introuvables.
GUES : trois ans de travail… et toujours pas de diagnostic ni de bilan critique
La GUES a élaboré son programme depuis trois ans. D’aucunEs diraient uniquement son écurie.
Trois ans de discussions, de réunions et de compromis.
On pouvait donc espérer un document solide : diagnostic, priorités, budget.
Mais là encore, le lecteur cherche en vain les données essentielles.
Le texte décrit avec enthousiasme la ville solidaire et écologique de demain, mais reste discret sur un point pourtant simple : la situation actuelle et les moyens financiers.
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L’union… après nettoyage
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Trois ans de construction politique laissent aussi quelques traces.
Comme souvent dans ce genre d’exercice, l’unité finale semble avoir nécessité un certain nettoyage interne :
- divergences écartées, sensibilités évaporées, et quelques portes refermées avec discrétion.
- L’union est désormais parfaite.
C’est souvent le cas quand les désaccords ont été soigneusement rangés ailleurs.
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Le maire à durée déterminée
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La GUES présente également une innovation institutionnelle remarquable.
Si la liste l’emporte, le maire issu du PCF devrait laisser la place en cours de mandat au suivant de la liste, PS.
Une sorte de maire à durée déterminée.
Le principe est simple :
- on s’entend avant l’élection pour éviter la dispute,
- on partage la mairie après pour maintenir l’équilibre.
Ce système présente une vertu : il garantit que les tensions internes ne disparaîtront pas pendant le mandat.
Elles seront simplement reportées dans la gestion quotidienne de la ville.
Autrement dit : une gouvernance compliquée avant même d’avoir commencé.
Et une incertitude qui pèsera dès le vote du Maire : Sera-t-il PCF, ce qui semble être le seul projet de ce parti et cela n’est pas du tout garanti !
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Alternance ou alternative ?
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Au final, le comparatif est simple.
Les deux programmes partagent les mêmes lacunes :
- pas de diagnostic sérieux,
- pas de chiffrage clair,
- pas de hiérarchisation des priorités.
Dans ces conditions, il est difficile de parler de projet de rupture.
Le choix proposé ressemble davantage à une alternance politique qu’à une véritable alternative.
Pour les Corpopétrussien·nes, la promesse d’un changement profond reste donc difficile à distinguer.
Le vote blanc comme signal !
Face à cette situation, une option existe au premier tour : le vote blanc.
Non par indifférence.
Mais pour rappeler une chose simple : une ville ne se transforme pas avec des intentions, aussi sincères soient-elles.
Il faut un diagnostic, des priorités et des moyens.
Ainsi les électeurs pourraient être tentés d’envoyer un message clair, l’alternance ne suffit pas quand on attend une alternative.
