La Gôche Unie et Ecologiste

Sous l’étiquette racoleuse de « La Gauche Unie et Écologistes » se cache un catalogue d’expert-comptables, dénué de la moindre ambition de bouleversement social.

Ce programme tente pathétiquement de porter le costume de la « protection sociale » et de l’écologie, mais ses propositions s’embourbent lamentablement dans une logique administrative et consensuelle. On est à des années-lumière des fondamentaux d’une gauche de combat : le conflit social, l’antiracisme politique, la rupture avec le capitalisme, et des services publics gratuits et revendicatifs. Voici le décryptage de cette capitulation en rase campagne, point par point :

  1. La frousse assumée du conflit social : Ils se gargarisent de « bouclier social » et d' »apaisement », le vocabulaire de la start-up nation. Zéro mention des luttes indispensables contre le patronat, aucun soutien affiché aux grèves, et le silence radio sur le combat contre les privatisations ou l’austérité imposée par l’État et l’UE. Une gauche digne de ce nom mobilise et affronte ; cette « gauche » gère et se couche
  2. Services publics : Le complexe de l’expert-comptable : Des audits, des cartes interactives, de la coordination avec France Travail… C’est la gestionnaire maniaque du tableur Excel qui parle, mais surtout pas de la volonté politique de conquérir de nouveaux droits. Rien de concret contre les fermetures d’hôpitaux, les coupes budgétaires nationales ou les privatisations rampantes (SNCF, eau). La gratuité massive (transports à peine effleuré, cantine) et une fiscalité locale ultra-progressive sont visiblement des concepts trop radicaux pour ces élus frileux
  3. Économie : Le tapis rouge pour le MEDEF local, sans contreparties : Accompagner les commerçants, pépinière d’artisans, locaux municipaux… La ville se rêve en agent immobilier complaisant du secteur privé. Et bien sûr, aucune clause sociale obligatoire (salaires décents, embauches locales) n’est exigée, ni le moindre refus d’aides publiques aux pollueurs et aux spéculateurs. C’est la soumission joyeuse aux intérêts du capital local.
  4. Social : Des sparadraps sur une jambe de bois Une mutuelle communale, un CCAS renforcé, des lieux d’accueil… C’est mignon, c’est utile pour gérer la misère, mais ce n’est pas de la politique de rupture. Pas de RSA communal pour les jeunes, pas de propriété publique massive du foncier pour casser la spéculation, pas de taxation des plus riches pour redistribuer. Ils préfèrent la charité locale au droit social.
  5. Démocratie : Le spectacle participatif pour amuser la galerie : Budgets participatifs et conseils de quartier ? C’est le vernis démocratique indispensable pour masquer l’absence de réel pouvoir populaire. Et le veto citoyen sur les projets, la révocation des élus en cours de mandat, ou le contrôle ouvrier des services publics ? C’est niet. On reste dans la démocratie représentative verrouillée où les élus décident et les citoyens écoutent. Et ce sans contrôle éthique, par un déontologue.
  6. Urbanisme/Écologie : Les vassaux dociles de la Métropole : Ils jurent de « respecter » religieusement les plans métropolitains et de soutenir les grands projets imposés. Zéro bras de fer pour imposer des logements dont des logements sociaux 100% public, aucun arrêt ou remise en cause des conséquences des grands équipements (Ouverture bretelle A10, Entrée Est de la Métropole…) et nuisibles, et aucun blocage ferme de la spéculation foncière. L’écologie politique s’arrête là où les intérêts des promoteurs métropolitains commencent. Et toujours rien de précis pour l’Est Métropolitain et les quartiers populaires (on y reviendra dans des textes spécifiques) .
  7. Culture/Paix : De la figuration symbolique, pas des luttes Les festivals et les jumelages, c’est convivial, mais ça ne remplace pas une politique culturelle de résistance. Pas un euro de soutien matériel aux grèves, aucune solidarité concrète avec les collectifs en lutte ou les campagnes contre les lois de casse sociale de Macron. La « paix » et la « culture » sont des concepts creux si elles ne s’incarnent pas dans l’action combative contre les oppressions et le respect du droit, comme en Palestine et dans de trop nombreux territoires aujourd’hui.

En résumé :Ce programme n’est pas de gauche. C’est le plan de carrière d’élus gestionnaires qui aspirent à administrer la ville sans jamais bousculer l’ordre établi. Une gauche qui mérite ce nom ne gère pas, elle transforme ; elle ne se contente pas de murmurer, elle affronte. Nous ne votons pas pour la tiédeur administrative, on vote pour la transformation sociale ou on vote blanc!

A Saint-Pierre-des-Corps le 08/03/2026.

Abd-El-Kader AÏT-MOHAMED.
Président de VESEMT