Le quotidien, le vrai

« Le vote musulman n’existe pas : la citoyenneté, si ».

À Saint-Pierre-des-Corps, la gauche existe-t-elle encore ?
Elle tâtonne, elle débat, elle se contredit parfois — mais elle a politiquement une boussole : l’émancipation, pas la gestion de clientèle.

À gauche, on émancipe. On ne “gère” pas des musulmans
C’est précisément pour cela que ce qui se joue aujourd’hui mérite d’être dénoncé pour l’empêcher de se trahir.

Le “sans étiquette” : cette droite qui ne dit pas son nom

Commençons par les choses simples. Saint-Pierre Autrement se dit “sans étiquette”.

Dans le dictionnaire politique local, “sans étiquette” signifie généralement : ni redistribution, ni conflictualité sociale, ni remise en cause des rapports de pouvoir.
Bref : droite sociologique, mais avec des mots doux et des post-it citoyens.

Rien de neuf. La droite a toujours préféré se dire “pragmatique” plutôt que politique.

Quand la gauche oublie Fanon

Mais le vrai problème commence quand cette logique contamine aussi des espaces se revendiquant de gauche.

Deux musulmans — agents de la Ville et de la Métropole — entreprennent alors une tournée discrète auprès des chefs de file, y compris ceux de la Gauche Unie Écologique et Sociale, pour leur vendre une idée géniale : « Nous pouvons influencer le vote musulman en votre faveur »

À ce moment précis, Frantz Fanon referme son livre et soupire.

Car la gauche ne gagne rien à reprendre les lunettes du pouvoir colonial : voir des citoyens non pas comme des sujets politiques, mais comme des blocs identitaires à orienter.

À gauche, le musulman est un citoyen. Pas un bouton à activer.

Le problème n’est pas que des musulmans parlent politique — c’est heureux.
Le problème, c’est quand certains prétendent parler à la place des autres, sans mandat, sans débat, sans légitimité collective.

La gauche n’a jamais eu besoin de “chefs musulmans” auto-proclamés.
Elle a besoin de travailleurs, d’habitants, de précaires, de femmes, de jeunes, musulmans ou non, qui pensent par eux-mêmes.

Transformer une appartenance religieuse en levier électoral, ce n’est pas de la stratégie : c’est une régression idéologique.

 

 

Vu que nous sommes :

  • Trop politisés.
  • Trop critiques.
  • Bien leur représentation colonialiste nous considèrent : « Trop raciséEs »
  • Bref, pas assez “gérables”.
  • Et en plus « certainEs se revendiquent raciséEs »

    Et nous découvrons ça au café! Ont-ils si peur de ce que nous incarnons et que la gauche devrait défendre :
  • l’auto-organisation,
  • la parole autonome,
  • le conflit démocratique.

Conclusion : la gauche vaut mieux que ça

La gauche n’est pas parfaite, mais elle a une ligne rouge : elle ne segmente pas les opprimés pour mieux les administrer. A notre connaissance et pour avoir été témoin d’une rencontre avec Cyrille Jeanneau, la GUES s’est inscrite dans ce marchandage.

Si elle commence à parler de “vote musulman” comme d’un capital électoral à négocier, alors elle cesse d’être un projet d’émancipation et devient une simple agence de gestion des différences.


Comme l’écrivait Fanon : « La libération n’est pas un cadeau que l’on fait au peuple. C’est un acte qu’il accomplit lui-même.« 


À Saint-Pierre-des-Corps, la gauche n’a pas besoin d’intermédiaires communautaires.Elle a besoin de fidélité à ses principes. Et ça, aucun “sans étiquette” ne pourra jamais le fournir.

Le 01/03/2026.
Le Comité Populaire et néanmoins bienveillant de Vivre (surtout) Ensemble et (si possible) Solidaires en Métropole Tourangelle