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PÉRISCOLAIRE : ET SI LE PROBLÈME ÉTAIT AUSSI POLITIQUE ?

Nous vous invitons à lire et à partager cet article de The Conversation : « L’expertise universitaire, l’exigence journalistique », signé par Jérôme Camus, maître de conférences en sociologie, et Laurent Besse, maître de conférences en histoire contemporaine, tous deux à l’Université de Tours (lien en dessous).

Parce qu’il pose une question qui nous semble essentielle : que voulons-nous faire du temps périscolaire ?

La question mérite d’être posée autrement que dans l’urgence, après chaque scandale ou chaque fait divers.

Les révélations de violences sexuelles dans le périscolaire ont mis au jour des défaillances graves : recrutement, formation, contrôle, précarité des emplois, manque de moyens… Mais, comme le montrent les auteurs, s’arrêter à ces seuls dysfonctionnements serait passer à côté d’un problème beaucoup plus profond : le périscolaire souffre depuis longtemps d’un manque de considération et surtout d’un manque de projet politique.

Et cela nous parle particulièrement.

Hier encore, à Saint-Pierre-des-Corps, nous interrogions la décision de fermer les accueils de loisirs municipaux pendant les vacances de Noël au motif d’une faible fréquentation. Il y a quelques temps nous interrogions aussi le sens et la philosophie entretenue par la ville en organisant un « Job Dating » pour recruteur ses animateur.es

Nos questions (liens en ressources plus loin) étaient simple :

  • Que fait-on d’un service public quand il est moins fréquenté ?
  • Un job Dating répond à quel standard de qualité du Service Public de l’enfance et de la jeunesse ?

Et y répondre, serait au-delà de ces deux seules questions celles qu’abordent cet article : PÉRISCOLAIRE : ET SI LE PROBLÈME ÉTAIT AUSSI POLITIQUE ?

Ou est-ce qu’on commence par se demander pourquoi, et surtout comment l’adapter aux besoins des familles ? 

L’article de The Conversation permet de prolonger exactement cette réflexion.

Car le périscolaire n’est pas simplement une « garderie ». Il concerne une immense majorité des enfants et constitue un temps important de leur vie quotidienne. En 2024, près de 9 enfants sur 10 fréquentaient le périscolaire à un moment de leur journée, et plus de 95 % des familles monoparentales ou biactives y avaient recours au total.

Derrière ces chiffres, il y a des réalités très concrètes.

  • Des parents qui travaillent.
  • Des parents seuls.
  • Des horaires qui ne correspondent pas à ceux de l’école.
  • Des familles qui n’ont ni grands-parents disponibles, ni moyens de financer une garde privée.

Et surtout : des enfants qui vivent aussi ces temps-là comme des temps d’éducation, de socialisation, de découverte et de vie collective.

Alors oui, il faut mieux former les professionnel·les.

  • Oui, il faut mieux contrôler les recrutements.
  • Oui, il faut prévenir et combattre sans concession toutes les violences sexistes et sexuelles.

Mais on ne peut pas demander davantage au périscolaire tout en continuant à le considérer comme un sous-service public.

  • On ne peut pas vouloir protéger les enfants sans donner aux adultes qui les accompagnent des conditions de travail dignes, des formations solides, des statuts permettant de construire des équipes et des moyens à la hauteur des missions.
  • On ne peut pas non plus demander aux collectivités de faire toujours plus avec toujours moins.

Et surtout, on ne peut pas avoir une politique périscolaire uniquement quand survient un scandale.

Il faut un projet.

  • Un projet éducatif.
  • Un projet social.
  • Un projet politique.

C’est finalement ce que nous retenons de cet article : la qualité d’un service public ne se mesure pas seulement à son existence, mais aux choix collectifs que nous faisons pour lui donner du sens, des moyens et une place dans la société.

C’est aussi pourquoi nous refusons de regarder le périscolaire uniquement à travers un tableau Excel.

Hier, nous écrivions :

« Moins de fréquentation doit conduire à chercher comment adapter le service, pas automatiquement à expliquer pourquoi on peut s’en débarrasser. »

Aujourd’hui, cet article nous rappelle pourquoi cette question dépasse largement la seule organisation des vacances scolaires.

Il serait temps que nous en parlions comme tel en ne remettant pas au-dessus de la pile la disparation de l’organisation de ce type d’activités par le Patronage Laïque en 2021 sans répondre à cette question 5 ans après:

Quand une collectivité organise le temps des enfants, elle fait un choix éducatif et politique. LEQUEL à Saint-Pierre-des-Corps

📖 À lire : « Périscolaire : derrière le scandale des violences sexuelles, un secteur en manque de projet politique ? »

Un article de Jérôme Camus et Laurent Besse, publié par The Conversation, que nous vous invitons à découvrir et à partager.

Parce que les enfants méritent mieux qu’une simple gestion des flux. Et parce que les parents, les enfants et les professionnel·les méritent mieux qu’un service public pensé à défaut de véritable projet.

Nous, nous continuerons à regarder les actes à nous former, nous documenter. Et à poser les questions qui vont avec.

En ressources vous découvrirez Un même fil rouge qui racontent finalement une seule et même histoire.

  • Qui décide ?
  • Pour quels besoins ?
  • Avec quels moyens ?
  • Avec quelle transparence ?

Du Patronage laïque à l’internalisation du périscolaire, de la fermeture des ALSH pendant certaines vacances aux conditions de recrutement des professionnels, une question revient toujours :

Quelle politique publique voulons-nous réellement construire pour les enfants et les familles de Saint-Pierre-des-Corps ?

C’est précisément le débat que nous souhaitons ouvrir. 

Regardons les actes. Posons les questions qui comptent.

A Saint-Pierre-des-Corps le 04/09/2026
Le Comité populaire et néanmoins bienveillant de Vivre (surtout) Ensemble et (si possible) Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT)

Pour aller plus loin

Parce que la question du périscolaire ne se résume pas à l’ouverture ou à la fermeture d’un accueil, ni à une ligne budgétaire, nous vous proposons quelques ressources pour replacer le débat dans son contexte local et politique.

  • The Conversation — Jérôme Camus et Laurent Besse, « Périscolaire : derrière le scandale des violences sexuelles, un secteur en manque de projet politique ? » 2026  Lire l’article sur The Conversation

Pourquoi cette ressource ?
Cet article permet d’élargir notre réflexion. Le périscolaire n’est pas une simple « garderie » : il constitue un temps important de la vie des enfants et répond à des besoins essentiels des familles. Les auteurs interrogent notamment le manque de reconnaissance, de moyens, de formation et, plus largement, l’absence d’un véritable projet politique pour le périscolaireUne réflexion qui fait directement écho à notre interrogation locale : que voulons-nous faire de ces temps de vie des enfants et quelle place voulons-nous donner à ce service public ? 

Pourquoi cette ressource ?
Au cours du débat municipal, la question du Patronage laïque et de l’évolution du périscolaire est directement abordée. Le maire sortant y explique que la Ville a « internalisé le périscolaire » et que les agents sont désormais municipaux. L’échange permet également de revenir sur les conditions dans lesquelles cette évolution s’est opérée. Cette séquence est intéressante à mettre en regard de notre article : comment est-on passé d’un périscolaire porté par le Patronage laïque à un service municipal, et quels choix politiques ont conduit à cette évolution ?

  • VESEMT  :  « À Saint-Pierre-des-Corps, les ALSH prennent aussi des vacances. Sauf que les parents, eux, n’ont pas toujours ce luxe. » 2 septembre 2026 Lire notre article

Pourquoi cette ressource ? C’est le prolongement direct de notre réflexion. La fermeture des ALSH pendant certaines vacances au motif d’une fréquentation moindre pose une question simple : un service public doit-il être supprimé lorsqu’il est moins utilisé, ou doit-on d’abord chercher à comprendre les besoins auxquels il répond et la manière de l’adapter ? Entre les familles qui travaillent, les familles monoparentales, les contraintes professionnelles et les enfants qui ont eux aussi besoin de ces temps de loisirs, d’éducation et de socialisation, le sujet dépasse largement la seule question des effectifs.

  • VESEMT :  « Lidl, recrutements et transparence : la CADA va savoir ce qu’on lui a caché » 2026  Lire notre article

Pourquoi cette ressource ?
À première vue, le sujet peut sembler éloigné du périscolaire. Il ne l’est pas tant que cela. Derrière la question des recrutements, des critères retenus, des qualifications et de la formation se trouve une même exigence : pouvoir comprendre comment une politique publique est mise en œuvre et avec quels moyens humains. Pour le périscolaire, cette question est évidemment essentielle. Qui recrute ? Selon quels critères ? Avec quelle formation ? Dans quelles conditions ? Et avec quelle transparence ? La qualité d’un service public dépend aussi de la manière dont on choisit et accompagne celles et ceux qui le font vivre.

  • Un document pour mesurer l’évolution de la Ville de Saint-Pierre-des-Corps depuis  2017-2018 serait à (re)construire nécessairement par la ville qui a les infos (et nous non)!

    Hier, le Patronage laïque. Aujourd’hui, la gestion municipale. Entre les deux, des décisions ont été prises. Et ces décisions méritent d’être connues, expliquées et, surtout, évaluées au regard de leur impact sur les enfants, les familles, les professionnels et le service public.

A partir des documents municipaux de l’époque à aujourd’hui cela permettrait également de mesurer concrètement l’évolution du service. En 2017, les accueils périscolaires étaient organisés dans les groupes scolaires de la commune et le Patronage laïque était impliqué dans l’organisation des activités péri et extrascolaires.

Pourquoi cette ressource ? Parce qu’elle permettrait de ne pas regarder l’histoire du périscolaire uniquement à travers les déclarations politiques actuelles.

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