DECRYPTAGESDES COMBATSNOS TERRITOIRES

Rabaterie : La colère gronde, l’aveuglement est institutionnel

Dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 septembre 2026, la métropole tourangelle a basculé dans la tension après un nouveau drame impliquant les forces de l’ordre à Saint-Pierre-des-Corps. Nous revenons sur ces événements à chaud mais les yeux grands ouverts sur les réalités de terrain.

Chronologie et faits de la nuit

  • 19 septembre 2026 (Début de soirée) — Un drame sur le parking de la Rabaterie : Lors d’une intervention de la police nationale liée à des nuisances de rodéo motorisé, un motard est grièvement blessé à la jambe suite à une collision avec un véhicule de police. Sources : Communiqué officiel de la Préfecture d’Indre-et-Loire et article de La Nouvelle République du 20 septembre 2026.

 

  • 22 h / Minuit — L’hypermilitarisation des quartiers : Un hélicoptère survole les quartiers à basse altitude, balayant les rues de torches lumineuses tandis que des affrontements éclatent et que la CRS 8 est attendue en renfort d’une centaine de membres des forces de l’ordre mobilisés. Source : Article de La Nouvelle République du 20 septembre 2026 et communiqué préfectoral.

  • Les véhicules ciblés par la colère : Au cours des échauffements et face à la brutalité de l’intervention, des véhicules ont été incendiés sur place. Comme le documentent les images de presse et les photographies de la nuit, nous reconnaissons clairement au moins deux véhicules de la police nationale pris à partie et détruits. Cela matérialise clairement le rejet direct de ces méthodes d’occupation. Notons  que comme à chaque occasion l’hélicoptère par mimétisme s’est empressés de survoler les autres quartiers populaires de l’Agglomération Tourangelle.

L’aveuglement institutionnel et le paradoxe de l’unité de façade

  • L’injonction au calme comme négation des luttes : Réclamer le « calme » à tout prix de la part des EluEs quand bien même iels pourraient réclamer que les enquêtes aboutissent rapidement, revient à nier que l’histoire des villes populaires et leur actualité s’est toujours forgée à travers la contestation des injustices.

  • L’amnésie du Préfet : Dans son communiqué officiel, le préfet d’Indre-et-Loire oublie d’indiquer que l’appel au calme initial émanait d’abord de la famille de la victime.

  • Avec les yeux grands ouverts, nous nous associons au seul appel au calme de la famille, qui a la grandeur de la légitimité et la sagesse du moment.

Le poison de la loi sur la légitime défense : le véritable « permis de tuer »

Ces drames successifs ne tombent pas du ciel ; ils plongent leurs racines dans une dérive législative et sécuritaire gravissime. L’actuel projet de loi visant à élargir le cadre de la légitime défense des forces de l’ordre s’apparente, dans les faits et dans l’esprit, à un véritable « permis de tuer » déguisé.

En voulant assouplir les conditions d’ouverture du feu et en protégeant par avance les agents de toute mise en cause sérieuse, le législateur envoie un message destructeur : l’impunité est institutionnalisée. Cette doctrine de la gâchette facile transforme chaque contrôle routier ou intervention dans les quartiers populaires en zone de potenziel danger mortel, où la vie des habitants ne pèse plus rien face à l’arbitraire armé de l’État.

Comment s’étonner de l’embrasement et de la colère légitime des quartiers quand la justice elle-même montre des signes d’essoufflement face à ces dérives ? On se souvient par exemple du dossier de cette policière suspectée d’avoir giflé un gardé à vue à Tours, dont le procès a dû être dépaysé en Loir-et-Cher pour espérer un semblant de distance (Source : Article de La Nouvelle République). Lorsque l’État protège les violences de ses propres agents tout en armant juridiquement leur bras, il supprime toute alternative pacifique et rend les explosions de colère inévitables.

Mobilisation et exigence de justice

Face à cette fuite en avant sécuritaire et à la menace de ces lois mortifères,  VESEMT exige que toute la lumière soit faite sur les responsabilités de cet accident.

Pour refuser la fatalité des violences d’État et exiger l’abrogation de ces textes liberticides, nous relayons la mobilisation du jour portée par le collectif Stop aux Violences d’État. Nous invitons toutes et tous à consulter leur site et à rejoindre massivement les manifestations organisées partout à travers la France.

Saint-Pierre-des-Corps le 20/09/206.
Le  Comité Populaire et néanmoins bienveillant de Vivre (surtout) Ensemble Solidaires (si possible) En Métropole Tourangelle.