DECRYPTAGESDES COMBATSNOS TERRITOIRES

QPV À SAINT-PIERRE-DES-CORPS : APRÈS L’ALERTE, PASSER AUX TRAVAUX PRATIQUES

Adresse du Comité Populaire de VESEMT aux Conseiller·es municipaux·ales de Saint-Pierre-des-Corps

Mesdames et Messieurs les Conseiller·es municipaux·ales,

Ce soir, vous allez vous réunir en Conseil municipal.

Et ce Conseil intervient quelques jours après une nouvelle alerte : celle du week-end dernier, à la Rabaterie, après l’accident survenu samedi soir entre une moto et un véhicule de police, puis les violences qui ont suivi. Le maire, les groupes politiques et la famille de la victime ont appelé au calme et demandé que les circonstances de l’accident soient éclaircies.

  • Nous n’allons pas, à la place de l’enquête, expliquer ce qui s’est passé.

  • Nous n’allons pas non plus ajouter une alerte à l’alerte.

  • Mais nous pouvons poser une question :

Et maintenant ?

Car cette nouvelle séquence nous rappelle une chose que nous répétons depuis plusieurs mois : dans les quartiers populaires, les alertes se succèdent, les constats s’accumulent, les diagnostics sont nombreux.

Il est peut-être temps de passer aux travaux pratiques.

C’est précisément pour cela que nous avons choisi de nous adresser à toutes et tous les élu·es, majorité comme opposition.

Pas pour parler à votre place mais pour entendre vos propositions.

DEUX QPV. UNE MÊME VILLE. DES RÉALITÉS QUI NE PEUVENT PAS ATTENDRE.

Saint-Pierre-des-Corps compte aujourd’hui deux QPV : la Rabaterie et la Galboisière.

La Galboisière est devenue QPV au 1er janvier 2024. Notre archive souligne justement le décalage entre ce nouveau classement et les politiques conçues antérieurement.

À la Rabaterie, le renouvellement urbain doit transformer profondément le quartier.

À la Galboisière, la réhabilitation du parc de logements est engagée.

Mais un quartier ne se résume pas à ses façades.

Un quartier, c’est une ville habitée.

Alors, après l’alerte du week-end, la question n’est pas seulement :

« Comment rétablir le calme ? »

Elle est aussi :

« Comment construire les conditions permettant de vivre mieux dans ces quartiers avant que les tensions ne deviennent des crises ? »

Et là, il faut parler de choses très concrètes :

  • logement ;

  • services publics ;

  • commerces ;

  • transports ;

  • équipements ;

  • jeunesse ;

  • personnes âgées ;

  • propreté ;

  • tranquillité publique ;

  • accès aux droits ;

  • participation des habitant·es ;

  • et capacité réelle des habitant·es à peser sur les décisions.

DE L’ALERTE AUX TRAVAUX PRATIQUES

Nous avons déjà beaucoup entendu parler de concertation, de participation, de renouvellement urbain et de dispositifs.

Mais une question demeure : qu’est-ce qu’on fait concrètement, maintenant ?

Nous ne prétendons pas avoir toutes les réponses, mais nous avons déjà mis plusieurs propositions sur la table.

1. FAIRE DE LA PARTICIPATION UN TRAVAIL CONTINU

Un questionnaire recueille une parole.

Une politique publique doit produire des effets.

Nous proposons donc, dans chacun des deux QPV, des espaces réguliers réunissant habitant·es, associations, bailleurs, services publics et élu·es. Pas seulement pour constater.

Pour identifier les problèmes, construire des propositions, suivre leur réalisation et rendre compte des résultats.

La participation doit devenir un travail dans la durée.

2. AVOIR UN PROJET GLOBAL POUR CHAQUE QUARTIER

Un quartier n’est pas un puzzle dont on traiterait chaque pièce séparément.

À la Rabaterie comme à la Galboisière, il faut regarder ensemble :

  • le logement ;

  • les équipements ;

  • les écoles ;

  • les commerces ;

  • les transports ; et l’accès à la Loire

  • les espaces publics ;

  • la jeunesse ;

  • la tranquillité ;

  • l’accès aux droits ;

  • et la vie associative.

Réhabiliter les bâtiments sans travailler sur la vie du quartier ne suffit pas.

3. RELIER LES QPV AU RESTE DE LA VILLE ET DE LA METROPOLE

VESEMT a déjà formulé une proposition précise dans le cadre du Plan de Mobilité : que le BHNS desserve la Rabaterie et la Galboisière avant de rejoindre la gare de Saint-Pierre-des-Corps.

La mobilité n’est pas un sujet secondaire.

Pouvoir rejoindre facilement la gare, les services, les commerces, les équipements et le reste de la Métropole, c’est aussi une question d’égalité territoriale.

4. ET SI, ENTRE DEUX ALERTES, ON FAISAIT AUSSI DE LA MEDIATION ?

C’est ici que nous proposons d’expérimenter davantage la médiation sociale de proximité. Où plutôt la refonder vu que le dernier poste de médiateur a été supprimé fin 2025.

  • Pas une police supplémentaire.

  • Pas une police déguisée.

  • Des médiateur·rices.

La norme NF X60-600, consacrée à la qualité des activités de médiation sociale, définit celle-ci autour de la création ou de la réparation du lien social et du règlement des conflits de la vie quotidienne, avec l’intervention d’un tiers impartial et indépendant.

Concrètement :

aller vers, écouter, prévenir les tensions, faciliter le dialogue, rapprocher habitant·es et institutions et intervenir avant que certaines situations ne dégénèrent.

La condition est essentielle : le médiateur doit être identifié comme médiateur.

S’il est perçu comme une nouvelle force de l’ordre, on rate précisément l’objectif recherché.

Nous proposons donc que la Ville étudie concrètement la mise en place d’une équipe de médiation sociale de proximité, avec des missions clairement définies et une présence régulière dans les deux QPV.

Une équipe capable notamment :

  • d’aller à la rencontre des habitant·es ;

  • de prévenir les conflits du quotidien ;

  • de faciliter les relations avec les institutions ;

  • d’orienter vers les services compétents ;

  • de participer aux démarches de concertation ;

  • et de faire remonter les problèmes récurrents aux institutions afin qu’elles puissent agir sur leurs causes.

La médiation ne remplace ni la police, ni les services sociaux, ni les services publics.

Elle peut être ce qui manque parfois entre l’habitant·e et l’institution, entre le problème et sa résolution, entre la tension et l’affrontement.

C’est cela, pour nous, un outil de désescalade.

ALORS, CE SOIR, SI NOUS POUVIONS VOUS ENTENDRE : DU CONCRET !

Nous avons choisi de nous adresser à l’ensemble des Conseiller·es municipaux·ales précisément parce que nous avons déjà constaté l’absence ou l’insuffisance de propositions concrètes, dans vos programmes pour les élections municipales 2026.

Alors nous posons des questions simples.

  • Que proposez-vous pour la Rabaterie ?

  • Que proposez-vous pour la Galboisière ?

  • Que proposez-vous pour que les habitant·es participent réellement aux décisions ?

  • Que proposez-vous pour les transports ?

  • Que proposez-vous pour la jeunesse ?

  • Que proposez-vous pour les services publics et l’accès aux droits ?

  • Que proposez-vous en matière de prévention et de tranquillité publique ?

  • Que pensez-vous de la création d’une véritable médiation sociale de proximité ?

Et surtout : avec quels moyens ? Avec quel calendrier ? Et avec quelle évaluation ?

APRÈS L’ALERTE, LES TRAVAUX PRATIQUES.

Nous ne demandons pas un consensus.

Nous ne demandons même pas que toutes et tous reprennent les propositions de VESEMT.

Nous demandons des propositions.

Qu’elles viennent de la majorité ou de l’opposition.

Qu’elles soient municipales, métropolitaines ou qu’elles nécessitent d’autres partenaires.

Nous les écouterons.

Nous les regarderons au regard des réalités vécues dans les quartiers.

Parce qu’un QPV ne devrait pas être seulement un périmètre sur une carte.

  • Ce sont des habitant·es.

  • Ce sont des quartiers.

  • Ils sont inclus à notre ville.

Et peut-être qu’après cette nouvelle alerte, le meilleur hommage que l’on puisse rendre à l’appel au calme de la famille est précisément de ne pas attendre la prochaine crise pour travailler sur ses causes.

Les alertes, nous les avons entendues. maintenant, place aux travaux pratiques : Une lutte : l’égalité réelle.

A Saint-Pierre-des-Corps le 23 septembre 2026.

LE COMITÉ POPULAIRE DE Vivre (surtout) Ensemble et (si possible) Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT)