Intermodalité A10/gare : Encore une concertation et toujours pas de plan d’ensemble et le dernier mètre reste le grand absent dont on ne parle pas dans les documents
Une concertation sur un « pôle d’échanges multimodal de l’A10 » est annoncée à Saint-Pierre-des-Corps. Mais entre la gare et le diffuseur n°21, il y a mille mètres à vol d’oiseau et un problème de continuité que le vocabulaire de l’intermodalité ne suffit pas à effacer. Une contribution à titre personnel d’Abd-El-Kader AÏT-MOHAMED reprenant le travail du Comité populaire de VESEMT dont il est membre.
Sur la place de la Gare de Saint-Pierre-des-Corps, alors que nous discutons encore de sa transformation, une publication de la préfecture d’Indre-et-Loire annonce une concertation sur l’autoroute A10, du lundi 2 novembre 2026 à 9 h au mardi 15 décembre 2026 à 18 h.
Et pas n’importe quoi : le panneau annonce le « pôle d’échanges multimodal de l’autoroute A10 », au droit du diffuseur n° 21, à Tours Centre, dont la concertation préalable est organisée par VINCI Autoroutes. Sur le site de la préfecture, il y en a plein d’autres.

Ah bon ? L’intermodalité aurait donc désormais rendez-vous avec l’autoroute ? Et VINCI nous invite à en discuter ? QUEZACO !
1. Me serais-je trompé de quai ?
Je croyais que nous parlions actuellement de la gare, des trains, des bus, du tramway, du BHNS, des correspondances et de la manière de faciliter les déplacements des habitant·es. Me serais-je trompé de quai ? Ou faudrait-il désormais faire entrer l’autoroute en gare pour que l’intermodalité soit complète ?
Car lorsqu’on parle d’intermodalité, ne devrait-on pas commencer par résoudre la question du dernier mètre et non ignorer celui du dernier kilomètre. L’intermodalité c’est permettre aux voyageur·ses de passer facilement d’un mode de transport à l’autre ? Or, entre la gare de Saint-Pierre-des-Corps et le secteur de Rochepinard/Les Atlantes, où se situe le projet lié au diffuseur autoroutier, il reste un handicap bien concret : environ 1 000 mètres à vol d’oiseau. Et encore, à vol d’oiseau ! Le trajet réel, lui, ne se parcourt ni en avion ni par un simple trait sur une carte..
Autrement dit, on nous parle de rapprocher les modes de transport sans que soit d’abord résolue la question de leur proximité effective et de la continuité des déplacements entre les équipements. Voilà une intermodalité qui risque de rester quelque peu éphémère : le temps d’en prononcer le nom, et il reste encore du chemin à faire pour en profiter. En plus ce qu’on nous propose doit figer les infrastructures sur sur un temps long, nous nous sommes donc concentré sur celle surligné en bleu sur la liste des consultations.

2. Une concertation après l’autre ne fait pas une politique de mobilités
À ce compte-là, avant de faire dialoguer les modes de transport, encore faudrait-il nous expliquer comment les projets se parlent entre eux, comment ils s’articulent concrètement et comment les habitant·es pourront passer de l’un à l’autre sans que la correspondance ne se transforme en parcours supplémentaire.
L’intermodalité, est-ce organiser les correspondances entre les transports, en s’attaquant aux ruptures de parcours jusque dans le fameux dernier mètre, ou faire correspondre les dossiers administratifs à coups de concertations successives, sans même attendre les conclusions de la précédente ?
Car c’est bien là que le bât blesse. À peine avons-nous commencé à démêler les fils d’une concertation que d’autres dossiers apparaissent, avec leurs procédures, leurs calendriers, leurs maîtres d’ouvrage et leurs promesses. Pendant que les habitant·es tentent de comprendre comment ces projets s’articulent, la machine administrative, elle, continue d’avancer.
Les projets prennent chacun leur voie : aux citoyen·nes de trouver la correspondance ! Et de venir toujours moins nombreux aux réunions publiques.
Nous ne reprochons pas à VINCI d’organiser une concertation lorsque les textes le prévoient. On veut comprendre ce que cette procédure engage, ce qu’elle laisse réellement en discussion et comment elle s’inscrit dans les décisions publiques qui organisent nos déplacements.
Car derrière le vocabulaire rassurant de l’intermodalité et de l’autoroute « bas carbone », il y a des infrastructures bien matérielles, de l’argent public et privé, des choix d’aménagement durables, des nuisances et des intérêts qui ne se confondent pas nécessairement.
C’est ce que nous continuons à examiner, pièces administratives à l’appui, en reprenant les interrogations déjà formulées par le Comité populaire de VESEMT pour la gare et le SMT et en confrontant les nouvelles procédures à leurs conséquences juridiques, écologiques et sociales.
Cette démarche à titre personnelle constitue une première étape. Elle permet de rassembler les premières informations utiles et de poser les questions auxquelles une contribution collective finale du Comité populaire enrichi de vos remarques pourra ensuite apporter en analyses et propositions dans le cadre de la concertation.
Parce qu’une concertation après l’autre ne fait pas, à elle seule, une politique cohérente des mobilités. Et parce qu’avant de nous demander de discuter chaque morceau du puzzle, il serait tout de même normal de nous montrer l’image qui figure sur la boîte.
À moins que le plan d’ensemble ne soit lui aussi en correspondance… quelque part entre la gare, l’A10 et Rochepinard-Les Atlantes
3. Nos demandes
- La production d’une étude d’impact hydraulique consolidée certifiant l’absence d’aggravation des risques d’inondation au regard des exigences du PPRI Val de Tours – Val de Luynes.
- L’évaluation globale et non parcellaire des impacts paysagers, acoustiques et sociaux des aménagements sur les quartiers impactés de Tours et Saint-Pierre-des-Corps.
- Réexaminer l’articulation de la gare avec le réseau de transport urbain (BHNS/Tramway) pour que le pôle d’échanges cesse d’être une enclave déconnectée des bassins de vie, de la Gare et des quartiers de Saint-Pierre-des-Corps, dont ses 2 QPV.
- Intégrer effectivement les contributions citoyennes au fil de l’eau des concertations afin de garantir le respect des équilibres urbains et de la justice environnementale pour les habitants des communes.
4. Ressources
Les documents et publications mobilisés pour cette contribution :
- → Lire : Publication de la préfecture d’Indre-et-Loire — PPRI Val de Tours – Val de Luynes (concertation A10)
- → Lire : Dossier de concertation — Pôle d’échanges multimodal de l’autoroute A10 (plateforme SNCF / VINCI Autoroutes)
- → Lire : Projet de contribution VESEMT au dossier de concertation publique — Aménagements de l’axe A10, infrastructures connexes, impacts métropolitains et cohérence des mobilités (22 septembre 2026)
- → Lire : Interrogations déjà formulées par le Comité populaire de VESEMT sur les mobilités et l’intermodalité — « TMVL Vs SPDC, avant de juger, savons-nous qui décide ? »
- → Lire : 20261025 — Contribution VESEMT « Plan de Mobilité : Saint-Pierre-des-Corps ne peut pas rester au terminus des décisions »
Abd-El-Kader AÏT-MOHAMED
Locataire HLM du QPV de la Galboisière, avec vue sur la gare TGV à Saint-Pierre-des-Corps en Métropole Tourangelle.
Membre du Comité populaire et néanmoins bienveillant de Vivre (surtout) Ensemble et (si possible) Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT).
Le 22 septembre 2026 — contribution à titre personnel.
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