ÉMANCIPATION POPULAIRE
Comprendre pour pouvoir agir. Se former pour pouvoir s’émanciper.
Nous parlons d’émancipation populaire parce que nous ne voulons pas nous contenter de regarder les décisions prises à notre place.
Nous voulons comprendre comment elles sont prises, avec quels moyens, par qui, pour qui — et avec quelles conséquences.
Et surtout, nous voulons que le plus grand nombre puisse acquérir les moyens de comprendre et d’agir par soi-même, avec les autres.
C’est le sens de notre démarche.
L’éducation populaire : comprendre pour pouvoir agir
Nous croyons à l’éducation populaire. Pas comme un joli mot à accrocher au mur d’une salle associative.
Comme une pratique.
Notre travail consiste déjà à chercher, comparer, comprendre, questionner, documenter et, lorsque nous estimons que quelque chose ne va pas, à le dire.
Mais l’éducation populaire ne peut pas s’arrêter à ce que nous faisons nous-mêmes. Si nous découvrons comment retrouver une information, comprendre un budget, décoder une décision publique ou vérifier un chiffre, à quoi servirait ce savoir s’il restait entre quelques mains ?
Le savoir doit circuler.
Ne plus seulement être informé·e
Trop souvent, la démocratie se résume à ceci :
- On annonce.
- On explique.
- On consulte.
- On communique.
- Et puis on décide.
Nous voulons contribuer à construire autre chose.
Une démocratie dans laquelle les habitant·es ne soient pas seulement destinataires d’informations, mais puissent devenir capables de chercher eux-mêmes, de comprendre, de vérifier, de questionner et de participer.
Parce qu’il y a une différence fondamentale :
- Entre : être informé·e et être capable de s’informer.
- Entre : recevoir une explication et être capable de comprendre par soi-même.
- Entre : donner son avis et avoir les moyens de participer réellement à la décision.
C’est cette capacité que nous voulons contribuer à renforcer.
Se former pour s’émanciper
C’est pourquoi le Comité populaire veut désormais développer progressivement des formations et des temps d’apprentissage collectifs.
Nous ne voulons pas créer une école qui distribuerait des bons et des mauvais points. Nous voulons créer des espaces où l’on apprend des choses utiles pour comprendre et agir dans la vie réelle.
- Comment lire un budget municipal ?
- Comment comprendre une délibération ?
- Comment savoir si une décision relève de la commune ou de la Métropole ?
- Comment retrouver un document administratif ?
- Comment vérifier une information ?
- Comment comprendre un marché public ?
- Comment décrypter un projet d’urbanisme ?
- Comment mener une enquête citoyenne ?
- Comment comparer une promesse électorale avec sa réalisation ?
- Comment utiliser les outils numériques et l’intelligence artificielle sans leur abandonner notre esprit critique ?
- Voilà le type de questions auxquelles nous voulons pouvoir répondre collectivement.
Pas besoin d’être spécialiste
Il n’est pas nécessaire d’avoir fait de longues études pour comprendre les affaires publiques.
Il faut surtout savoir où chercher, comment chercher et comment vérifier.
Et lorsque l’on ne sait pas, il faut pouvoir apprendre.
Nous voulons donc partager les outils que nous découvrons et construire avec d’autres ceux que nous ne possédons pas encore.
Car chacun·e peut apporter quelque chose.
- Une expérience professionnelle.
- Une connaissance de son quartier.
- Une compétence technique.
- Une expérience militante.
- Une démarche administrative déjà réalisée.
- Une capacité à rechercher des informations.
- Une connaissance du terrain.
Le savoir n’est pas seulement celui qui se trouve dans les livres ou chez les spécialistes. Il existe aussi dans les expériences vécues. Notre rôle est de permettre à ces savoirs de se rencontrer.
Construire nos savoirs collectivement
Nous ne voulons surtout pas remplacer une dépendance par une autre. Le Comité populaire ne prétend pas détenir LA vérité.
- Nous pouvons nous tromper.
- Nous pouvons avoir besoin d’être corrigé·es.
- Nous pouvons découvrir qu’une information était incomplète ou qu’une analyse devait être reprise.
C’est précisément pour cela que nous défendons le collectif.
- On cherche ensemble.
- On vérifie ensemble.
- On discute ensemble.
- On apprend ensemble.
Et lorsqu’une personne acquiert une compétence, l’objectif est qu’elle puisse à son tour la transmettre. Ainsi, un savoir individuel peut devenir un savoir collectif.
Et un savoir collectif peut devenir une capacité collective d’agir.
Des formations très concrètes
Les premières formations pourront par exemple, porter sur :
- LES INSTITUTIONS : Qui fait quoi entre commune, Métropole, Département, Région et État ?
- LES FINANCES PUBLIQUES : Comment lire et comprendre un budget ?
- LES DÉCISIONS PUBLIQUES : Comment lire une délibération et suivre une décision ?
- LES DOCUMENTS : Comment trouver une information publique et vérifier une source ?
- L’URBANISME : Comment comprendre un projet d’aménagement et ses conséquences ?
- LES ENQUÊTES CITOYENNES : Comment construire une recherche collective à partir d’une question concrète ?
- LES ÉLECTIONS : Comment confronter les programmes aux réalisations ?
- LE NUMÉRIQUE ET L’IA : Comment utiliser de nouveaux outils sans leur déléguer notre intelligence ?
- L’ACTION COLLECTIVE : Comment transformer une connaissance en intervention collective ?
Cette liste évoluera.
Les besoins du collectif et les questions qui émergeront du terrain contribueront à déterminer les formations.
Une formation populaire, pas une formation de spécialistes
Nous ne voulons pas fabriquer une nouvelle élite de spécialistes.
Au contraire.
Nous voulons que nous soyons de moins en moins dépendant·es des spécialistes pour comprendre nos propres affaires.
Cela ne signifie pas que les spécialistes seraient inutiles. Cela signifie que leur expertise doit pouvoir être comprise, discutée et questionnée par celles et ceux qu’elle concerne.
Une démocratie véritable ne peut pas demander au citoyen de faire confiance à quelqu’un simplement parce qu’il possède les bons diplômes ou maîtrise les bons sigles.
Le savoir doit permettre de questionner le pouvoir.
De l’information à l’émancipation
C’est aussi pour cela que notre site évolue.
Hier, nous pouvions surtout vous apporter des informations, des analyses et des décryptages.
Demain, nous voulons aussi vous permettre d’apprendre à produire vous-mêmes ces connaissances.
- Le site devient ainsi un outil parmi d’autres.
- Les enquêtes deviennent des outils d’apprentissage.
- Les formations deviennent des outils d’émancipation.
- Les expériences des habitant·es deviennent des ressources.
Et le Comité populaire devient l’espace où tout cela peut se rencontrer.
Notre démarche pourrait finalement se résumer ainsi :
INFORMER → COMPRENDRE → SE FORMER → S’ORGANISER → AGIR
Ce n’est pas une recette miracle. C’est un chemin. Et nous avons bien l’intention de le parcourir ensemble.
Parce que l’émancipation populaire…
…ce n’est pas demander à quelques personnes de parler au nom de toutes les autres.
C’est permettre à davantage de personnes de prendre la parole, de comprendre les enjeux, de produire leurs propres savoirs et de participer réellement à la vie collective.
C’est passer progressivement :
- de : « On nous dit que… »
- à : « Regardons. »
- Puis à : « Vérifions. »
- Puis à : « Comprenons. »
- Puis à : « Apprenons à le faire nous-mêmes. »
- Et enfin : « Qu’est-ce qu’on décide de faire ensemble ? »
C’est cela que nous entendons par émancipation populaire.
Et les formations que nous allons progressivement mettre en place n’en seront pas un supplément. Elles en seront un des outils.
