DES COMBATSNOS TERRITOIRES

BILAN DES SIX PREMIERS MOIS DE LA DYNASTIE CONTE : LA CHRONIQUE D’UN ENLISEMENT ANNONCÉ

Rédigé par le Comité Populaire et néanmoins bienveillant de Vivre (surtout) Ensemble et (si possible) Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT) à partir des publications de son site : https://vesemt.org

Il y a six mois, à quelques jours près, la Dynastie Conte se réinstallait dans les fauteuils de la mairie de Saint-Pierre-des-Corps. Six mois. Le temps d’un semestre, d’une grossesse presque menée à terme, ou d’un été caniculaire qui dure. Six mois pour transformer un slogan en réalité. Six mois, surtout, pour constater que la réalité a un fâcheux défaut : elle ne suit pas les professions de foi.

D’abord l’actualité brûlante en Mairie :

Une mairie, c’est avant tout un service public. Et un service public, ce sont d’abord des femmes et des hommes, des agent·es municipaux·ales qui font tourner la ville au quotidien.

Alors que les agent·es sont toujours en grève aujourd’hui, nous tenons à leur apporter tout notre soutien. Face au mépris de gestion, à l’absence de réelle concertation et à la dégradation des conditions de travail, le malaise est profond. Au Comité Populaire de VESEMT, nous défendons une tout autre méthode : la transparence, le respect des conquis, l’écoute du terrain, la co-construction avec les personnel·les et les habitant.es et le respect absolu des missions de service public.

Alors, comme nous ne sommes ni amnésiques ni bien élevé·es au point de laisser passer l’occasion, nous avons fait ce que nous savons faire de mieux : ouvrir les dossiers, écouter les comptes-rendus, lire les délibérations, arpenter les quartiers, et publier. Voici donc, en huit tableaux, le bilan, non exhaustif (c’est à l’équipe en place de le faire, non ?), mais suffisamment éloquent, de ce que nous appellerons pudiquement un début de mandat sous tension.
→ Lire : À Saint-Pierre-des-Corps, les agent·es ne sont pas une ligne comptable : ELLES ET ILS SONT LE SERVICE PUBLIC

Ce bilan n’est pas une œuvre littéraire. C’est un outil politique. Il ne prétend pas à l’exhaustivité : il prétend à la vérifiabilité. Chaque affirmation renvoie à un document, à une délibération, à un article publié. Et si la Dynastie veut nous opposer des faits contraires, elle sait où nous trouver : nous publions, nous archivons, nous rendons consultables. La balle est dans son camp.

Pour lire ce bilan, il faut garder en tête quelques repères. Le Château, c’est la mairie. La Corpopétrussie, c’est Saint-Pierre-des-Corps dans sa dimension municipale. La Cour métropolitaine, c’est Tours Métropole Val de Loire, et c’est là que se joue désormais une grande partie de ce qui transforme la ville.

Olivier Conte est le personnage central de cette saison : premier magistrat de la Corpopétrussie, il est le visage de la continuité dynastique installée au Château. La Cour dynastique, c’est la majorité municipale. La plume, c’est le pouvoir de décision. Le coffre, ce sont les finances publiques. Les parchemins, les documents administratifs. Les messagers, la communication. Les gens de la cité, les habitant·es. Les portes, les limites de compétences. Le blason, l’image politique. Le fauteuil, le mandat, la fonction ou la responsabilité politique.

Et les personnages qui traversent ce bilan ne sont pas des caricatures gratuites : ce sont des rôles, des compétences, des responsabilités.

Le Vizir Chapeau (Mickaël Chapeau) porte la politique culturelle municipale : archives, budget participatif, fêtes et cérémonies, communication, culture et vie associative. Son ambition de devenir maître du Palais à la place du maître du Palais est un ressort comique, mais son domaine d’action, lui, est bien réel.

Dame Drapeau (Eloïse Drapeau) porte le pôle famille : scolaire, enfance, restauration municipale, petite enfance et réussite éducative. C’est elle qui regarde la cité depuis l’école et la cantine.

Le Grand Marchand des Halles et des Pierres (Alain Delanchy) porte l’administration générale, l’urbanisme et le dynamisme économique, dont les marchés. C’est lui qui délivre les sésames de brique et veille aux étals du marché.

La Garde du Trésor (Gamze Ak) porte le pôle ressources : ressources humaines, finances, commandes publiques, informatique et affaires juridiques. C’est elle qui officiellement garde les clés du coffre et qui doit les ouvrir quand on demande des comptes.

Dame des Logis et des Solidarités (Laurence Lefevre) porte le pôle solidarité : aînés, CCAS, handicap, logement et santé. C’est elle qui veille sur les logis et les solidarités, dans une ville où chaque toit et chaque aîné comptent double.

Le Maître des Travaux, des Chantiers et de la Poussière (Pascal Tosch) porte le pôle technique : bâtiments, environnement, espaces verts, propreté urbaine, transition énergétique et écologique, voirie. C’est par lui que les ordures, les voiries et les coups de pelleteuse arrivent.

Le Capitaine des Gardes du Palais (Marylee Hervet) porte le pôle tranquillité publique et médiation : police municipale et commission de sécurité. C’est elle qui veille à l’ordre public et à la sérénité des administré·es entre deux rondes.

Le Maître des Jeux et de la Jeunesse (Olivier Blain) porte le pôle jeunesse et sport. C’est lui qui canalise l’énergie de la jeunesse locale entre deux terrains de sport et s’assure que la relève ne manque de rien.

Derrière chaque titre, il y a un domaine d’action publique. Derrière chaque domaine, des décisions qui engagent la vie des gens. Et derrière chaque personnage, une compétence qu’il faut identifier, interroger et, le cas échéant, confronter à ses actes.

1. La dynastie s’installe : généalogie d’une mairie de famille

Commençons par le plus embarrassant, parce qu’il faut bien y venir. Dès les premières semaines, nous avions publié la généalogie complète de la liste Saint-Pierre Autrement : conjoint·es, frères et sœurs, parents et enfants, cousin·es de fait ou de cœur. Un arbre généalogique déguisé en programme municipal, où l’on se transmet la mairie comme on se transmet une recette de famille.

→ Lire : Saint-Pierre-Autrement : Derrière le Masque le Népotisme en Action

Puis, comme le déni ne dure jamais qu’un temps, la presse locale a fini par s’emparer de l’affaire, et une élu·e a dû se retirer. Sauf que, un mois plus tard, sur le site officiel de la ville, trois membres de la même famille continuaient de siéger tranquillement. C’est réglé depuis.

→ Lire : Révélation tardive et mémoire sélective : chronique d’un éblouissement collectif
→ Lire : Dynastie Conte : le mandat fantomatique !
→ Lire : Dynastie Conte : Épilogue… ou presque !

Ici, le personnage central de la saison mérite d’être nommé sans détour : Olivier Conte, premier magistrat de la Corpopétrussie, celui dont le fauteuil est l’aboutissement d’une continuité politique assumée. Il était l’adjoint d’Emmanuel François. Il est aujourd’hui son successeur. Le passage de l’un à l’autre s’est fait dans la douceur des appareils et dans l’indifférence aux effets concrets pour les gens de la cité. La Dynastie ne s’est pas interrompue : elle a changé de visage. Et le protocole de succession, lui, n’était pas prévu au programme.

La dynastie a donc régné six mois. Une famille qui gouverne, ce n’est pas seulement une question de goût. C’est une question de démocratie : quand les fauteuils se transmettent, ce ne sont pas seulement les sièges qui manquent à l’appel : ce sont les voix, les parcours, les expériences qui n’ont jamais eu leur place. Et quand on prétend représenter « la ville », il serait temps de se demander quelle ville on représente. La ville n’est pas un patrimoine familial. Elle est un bien commun.

2. La transparence ? Circulez, y a rien à voir

Il y a des mandats qui commencent par un grand discours sur la transparence. Celui-ci a commencé par un silence. Et quand nous avons demandé des parchemins : sur la place Maurice-Thorez, sur le projet LIDL, sur les recrutements municipaux : le silence est devenu un art de vivre.

Les documents existent. Ils sont cités. Ils fondent des décisions. Mais ils deviennent incommunicables dès qu’une personne en demande la copie. Un alibi parfait : l’agent compétent est absent, le conseil a été reporté, la photocopieuse a rendu l’âme entre-temps. Bref, nous avons assisté à l’invention du parchemin à l’état quantique : suffisamment réel pour justifier une décision, suffisamment virtuel pour échapper à la consultation.

→ Lire : Place Maurice-Thorez : quand la communication précède l’explication et nourrit la défiance
→ Lire : Place Maurice Thorez : chronique d’une transparence invisible
→ Lire : Le dossier Maurice Thorez — Le mystère des documents disparus
→ Lire : LIDL, RECRUTEMENTS ET TRANSPARENCE : LA CADA VA SAVOIR CE QU’ON NOUS CACHE

Ici entre en scène la Garde du Trésor : Gamze Ak, en charge des ressources humaines, des finances, des commandes publiques, de l’informatique et des affaires juridiques. Son rôle ou plutôt sa fonction est d’ouvrir le coffre documentaire dès que surgissent les questions de moyens, de budget, de ressources humaines, de marchés publics ou de sécurité juridique. Mais sur la transparence, la Garde du Trésor a une responsabilité particulière : c’est elle qui détient les clés du coffre, qui sait quels parchemins existent, qui peut dire pourquoi ils ne sont pas communicables, ou pourquoi ils le sont. Or, depuis six mois, le coffre reste fermé. Et quand on demande pourquoi, la réponse ressemble à un tour de passe-passe : l’agent compétent est absent, le conseil a été reporté, la photocopieuse a rendu l’âme. La Garde du Trésor a les clés. Encore faudrait-il qu’elle les ouvre.

Résultat des courses : Nous avons saisi la CADA pour obtenir les documents sur l’avenir de la Place Maurice Thorez. Parce qu’en démocratie, quand la porte est fermée, on ne demande pas la clé : on la fait ouvrir par la loi.

Et ce n’est pas qu’une affaire de procédure. Derrière chaque parchemin refusé, il y a une décision qui se prend sans contrôle, un budget qui s’engage sans débat, un espace public qui se transforme sans que les personnes qui y vivent puissent seulement savoir pourquoi. La transparence n’est pas un supplément d’âme démocratique : c’est la condition même de l’exercice du pouvoir. Sans elle, on ne gouverne pas : on administre des intérêts particuliers en invoquant le bien commun.

3. La concertation ? Une messe où l’on ne communie qu’avec soi-même

La Cour adore la concertation. Elle en met partout. Elle en organise. Elle en communique, par ses messagers, elle en inaugure même, parfois. Le problème, c’est que la concertation, quand elle est vidée de sa substance, devient une présentation PowerPoint avec public.

Le cas de la place Maurice-Thorez est emblématique : pas une seule réunion, pas de compte-rendu, et une communication qui demande aux gens de la cité de faire confiance sans jamais montrer les plans. Le cas du parvis de la gare l’est tout autant : un parvis livré à 5,2 millions d’euros, une seule réunion, zéro compte-rendu, et une chaleur accablante pour en profiter. Et cerise sur le gâteau, une inauguration le 22 septembre 2026 sans invitation du public. Incompréhensible vu qu’il ne faisait pas trop chaud!

→ Lire : Notre Gare – Porte Est Métropolitaine : 5 millions d’euros… et toujours pas un coin d’ombre
→ Lire : Notre Gare : Épisode 2 : Cinq millions d’euros, un joli cadrage… et toujours pas beaucoup d’ombre
→ Lire : Un quartier c’est comme une ville… pas un puzzle en kit !
→ Lire : Transparence municipale : le grand tour de passe-passe des vœux

On nous consulte sur la couleur des bancs publics, pendant que le tracé du béton est déjà sec. C’est cela, la démocratie participative version Dynastie : on vous donne la parole, mais on garde la plume.

Car la concertation n’est pas un exercice de style. C’est un rapport de force. Soit les gens de la cité peuvent réellement peser sur les choix et alors il faut leur donner les parchemins, le temps, les moyens de comprendre et de contester. Soit on les invite à valider ce qui est déjà décidé et alors il faut avoir l’honnêteté de le dire. La Dynastie, elle, préfère le flou : elle convoque, elle écoute (paraît-il), elle ne rend jamais compte. C’est une méthode. Ce n’est pas de la démocratie. Nous on continue à les réclamer, aussi, dans le cadre des consultations à l’échelle Métropolitaine en cours.

4. L’urbanisme des grands projets : le béton avant les gens

Il y a une manière de faire de l’urbanisme qui consiste à dessiner des plans, à couper des rubans et à photographier des pelleteuses. Et il y a une manière de faire de l’urbanisme qui consiste à se demander qui va vivre là, comment, et avec quels moyens.

Ici entrent en scène deux personnages dont les compétences se croisent et, parfois, se contredisent. Le Grand Marchand des Halles et des Pierres : Alain Delanchy, en charge de l’administration générale, de l’urbanisme et du dynamisme économique. Son rôle est d’observer les dossiers d’urbanisme, de commerce et de centre-ville, de délivrer les précieux sésames de brique, et de veiller à la bonne santé des étals du Marché. Mais quand le Grand Marchand s’avance, il faut regarder de près ce qu’il apporte : des actes, ou des blasons ? Et le Maître des Travaux, des Chantiers et de la Poussière : Pascal Tosch, en charge des bâtiments, de l’environnement, des espaces verts, de la propreté urbaine, de la transition énergétique et écologique, et de la voirie. C’est par lui que les ordures, les voiries et les coups de pelleteuse arrivent. Son rôle est de suivre les chantiers jusqu’à la réalisation concrète sur le terrain. Mais quand le Maître des Travaux intervient, il faut vérifier une chose : les chantiers sont-ils pensés pour les personnes qui y vivent, ou pour la photo de fin de chantier ?

La Dynastie Conte a manifestement choisi l’option de la vitrine. La réhabilitation de la Galboisière, présentée à grand renfort de communication par VTH seul, soulève des questions sur les loyers, les ascenseurs, la concertation réelle avec les locataires. La ville n’a même pas pris le temps de s’y intéresser, en brillant par son absence à la seule réunion publique. Le projet du Magasin Général, lui, est présenté dans le projet métropolitain du PPA, sauf que la vente, elle, reste municipale et toujours à réaliser, malgré des annonces nombreuses de réalisation séance tenante. Et sur la place Maurice-Thorez, le Maître des Travaux a fait son œuvre : les jardinières ont été retirées, les « bancs » aussi, les containers déplacés : sans que les gens de la cité aient été informé·es. Le chantier est terminé. Les questions, elles, demeurent… Et les assises toujours absentes!

→ Lire : Les travaux à la Galboisière arrivent… enfin, on commence à y croire !
→ Lire : Réhabilitation de la Galboisière : le grand lifting & la fierté retrouvée du logement social
→ Lire : MAGASIN GÉNÉRAL : LE PROJET EST MÉTROPOLITAIN. LA VENTE, ELLE, RESTE À DÉMONTRER
→ Lire : L’intérêt général n’est pas à vendre
→ Lire : Parvis de la gare : quand les travaux sont finis, les questions demeurent

Un patrimoine collectif qui devient une opportunité privée, un projet municipal qui devrait être métropolitain sans vente, une réhabilitation sans que la Dynastie s’y intéresse : voilà ce qu’on obtient quand on confond aménagement et communication.

Et ce n’est pas qu’une question d’esthétique urbaine. C’est une question de justice spatiale. Qui habitera la ville demain ? Avec quels loyers ? Dans quels logements ? À quelle distance des services, des transports, des écoles ? L’urbanisme n’est jamais neutre : il redistribue les richesses, les chances, les vies. Quand on laisse le béton précéder les gens, on ne construit pas une ville : on construit un tri social. Et à Saint-Pierre-des-Corps, ville populaire, ce tri-là a un nom : la gentrification.

5. Les déchets, la piscine, les mobilités : le service public à l’arrêt

Il y a des sujets qui fâchent. Les déchets en font partie. La piscine aussi. Les mobilités également. Sur ces trois dossiers, la méthode est la même : on communique beaucoup, on agit peu, et on rend les gens de la cité responsables de ce qui ne fonctionne pas.

Ici entrent en scène trois personnages dont les compétences se croisent et, parfois, se contredisent. La Garde du Trésor : Gamze Ak, en charge des ressources humaines, des finances, des commandes publiques, de l’informatique et des affaires juridiques. Son rôle est d’ouvrir le coffre documentaire dès que surgissent les questions de moyens, de budget, de ressources humaines, de marchés publics ou de sécurité juridique. Et justement, sur les déchets, la piscine et les mobilités, la question du coffre est centrale : combien coûte l’abandon du dernier mètre ? Combien coûte le report sur la ville de celui de la piscine ? Combien coûte l’absence de desserte de la gare par le BHNS et le Tramway? La Garde du Trésor a les clés. Encore faudrait-il qu’elle les ouvre.

Le Maître des Travaux, des Chantiers et de la Poussière : Pascal Tosch, en charge des bâtiments, de l’environnement, des espaces verts, de la propreté urbaine, de la transition énergétique et écologique, et de la voirie. C’est par lui que les ordures, les voiries et les coups de pelleteuse arrivent. Son rôle est de suivre les chantiers jusqu’à la réalisation concrète sur le terrain. Mais sur les déchets, le Maître des Travaux a une responsabilité particulière : c’est lui qui fait des propositions pour l’organisation de la collecte, la planification les tournées, l’implantation des points d’apport volontaire. Or, depuis six mois, les mêmes points débordent, les mêmes tournées sont inadaptées, les mêmes équipements sont insuffisants. Le Maître des Travaux, bien que tout nouvel élu, a les moyens d’agir. Encore faudrait-il qu’il les utilise, en rendant responsable de tous les désordres les seul.es habitant.es.

Et la Capitaine des Gardes du Palais : Marylee Hervet, elle aussi nouvelle élue (ou presque), en charge de la tranquillité publique et de la médiation, de la police municipale et de la commission de sécurité. Celle qui veille à l’ordre public et à la sérénité des administré·es entre deux rondes. Son rôle est d’observer la tranquillité publique, la médiation, la police municipale et la sécurité des établissements et des manifestations. Mais sur les déchets, la Capitaine des Gardes a un rôle particulier : c’est elle qui est chargée de verbaliser les dépôts sauvages, de constater les infractions, de faire respecter les règles. Or, depuis six mois, les dépôts sauvages se multiplient, les caméras intelligentes sont annoncées, les sanctions sont promises : mais les dépôts, eux, restent. La Capitaine des Gardes a les moyens d’agir. Encore faudrait-il qu’elle les utilise ou qu’elle constate l’impuissance de la seule répression.

Pour les déchets, par exemple, on nous explique que les gens de la cité manquent de civisme. Mais on oublie soigneusement de dire que le service public a abandonné le dernier mètre, que les tournées sont inadaptées, que les équipements sont insuffisants. Et quand la Métropole annonce l’installation de caméras intelligentes dans les camions de collecte, on se demande si l’intelligence est bien du bon côté de la benne.

→ Lire : Déchets et TMVL : Si tout est toujours la faute des habitant·es, à quoi sert encore un service public ?
→ Lire : TMVL Vs DÉCHETS (suite) : « LE DERNIER MÈTRE EST CELUI OÙ LE SERVICE PUBLIC DEVRAIT CONTINUER À ÊTRE AU RENDEZ-VOUS ! »
→ Lire : TMVL Vs DÉCHETS (épisode 3) « La caméra voit tout… sauf peut-être l’essentiel »
→ Lire : TMVL Vs Déchets — Épisode 4 « La caméra voit les erreurs. Mais qui regarde l’augmentation des déchets ? »

Pour la piscine, comme pour l’avenue Marcel Cachin, le constat est encore plus cruel : la Métropole avait promis, la Métropole avait financé des études, la Métropole a reporté. Et aujourd’hui, c’est la commune qui est appelée à remettre la main au coffre pour la piscine. La promesse a été métropolisée, l’addition a été remunicipalisée.

→ Lire : « Métropole, piscine et promesses en eau trouble »

Pour les mobilités, enfin, le projet de BHNS s’arrête aux Atlantes, sans desservir ni la gare ni les quartiers populaires. Une ligne qui évite soigneusement les lieux où les gens vivent, pour mieux desservir les lieux où ils consomment. Et ici, la porte est essentielle : de quelle compétence relève le BHNS ? Qui décide du tracé ? Qui finance ? Qui négocie avec le SMT ? La réponse est dans la Cour métropolitaine, pas au Château. Mais la Dynastie, elle, préfère le blason à la plume et nous annonce un « beau projet » pour Saint-Pierre-des-Corps en Métropole Tourangelle, sans rire!.

→ Lire : Plan de Mobilité : pour VESEMT, Saint-Pierre-des-Corps ne peut pas rester au terminus des décisions
→ Lire : Concertation sur la gare : Porte Est Métropolitaine !
→ Lire : Autoroute bas carbone du PPA

Bref : la piscine est en eau trouble, les déchets sont dans le rétroviseur, et le BHNS, passe à côté de la gare et des QPV. Le Tramway est toujours aux abonnés absents. Le service public, lui, attend toujours sur le quai.

Et pendant que les services publics se retirent, ce sont les agent·es qui tiennent debout ce qui reste. Agent·es des déchets, agent·es de la piscine, agent·es de la voirie, agent·es des mobilités : ce sont elles et eux qui font fonctionner la ville/la métropole au quotidien, souvent dans des conditions dégradées, souvent sans être entendu·es. Nous leur apportons notre soutien sans réserve. Et nous rappelons notre conviction : la solution n’est pas de demander aux agent·es de faire plus avec moins, ni de remplacer le service public par des caméras et des prestataires. La solution, c’est de recruter, de former, de stabiliser les équipes, de revaloriser les métiers, de donner aux agent·es les moyens et le temps de faire leur travail.

Un service public qui fonctionne, c’est d’abord un service public qui a un projet réaliste partagé avec les agents, les habitant.es et les Elu.es et qui a les moyens notamment humains de fonctionner.

6. L’école, le périscolaire et les quartiers populaires : les oublié·es du mandat

Il y a des sujets qui ne font pas la une des communications municipales. L’école en fait partie. Le périscolaire aussi. Les quartiers populaires, malheureusement, également.

Ici entrent en scène deux personnages dont les compétences se croisent et, parfois, se contredisent. Dame Drapeau : Eloïse Drapeau, première adjointe au maire, en charge du pôle famille : scolaire, enfance, restauration municipale, petite enfance et réussite éducative. Son rôle est de regarder la cité depuis l’école, la cantine, les familles et le quotidien des enfants, et de confronter les annonces aux réalités vécues. Gardienne des têtes blondes et des tablées de cantine, elle est entourée de toute une cour de chérubins. Mais les chérubins, eux, ne lisent pas les programmes : ils mangent à la cantine, ils vont à l’école, ils ont besoin de places en crèche et d’ALSH ouverts. Et sur ce terrain-là, Dame Drapeau a du pain sur la planche.

Et Dame des Logis et des Solidarités : Laurence Lefevre, en charge du pôle solidarité : aînés, CCAS, handicap, logement et santé. Particulièrement occupée sur un front corpopétrussien où chaque toit et chaque aîné comptent double. Son rôle est de regarder la cité depuis les politiques de solidarité, le logement, l’âge, le handicap, la santé et l’action du CCAS. Mais sur les quartiers populaires, Dame des Logis a une responsabilité particulière : c’est elle ou lui qui est chargé·e de veiller à ce que les habitant·es des QPV aient accès aux droits, aux soins, à un logement digne, à un accompagnement social. Or, depuis six mois, à la Rabaterie, les habitant·es attendent toujours des réponses ; à la Galboisière, la colère gronde. Dame des Logis a les moyens d’agir. Encore faudrait-il qu’elle ou il les utilise. Mais là nous nous égarons car personne, même un conseiller municipal délégué n’est assis sur le fauteuil « Politique de la Ville »

Sur l’école, les fermetures de classes ont été annoncées juste après les élections, comme si le calendrier électoral avait soudainement rendu les enfants plus facultatif·ves. Sur le périscolaire, la fermeture des ALSH pendant les vacances de fin d’année a été décidée sans demander leur avis aux familles, au motif d’une faible fréquentation : fréquentation que la fermeture du service ne manquera pas de faire baisser encore.

→ Lire : COMMUNIQUÉ DE PRESSE — VESEMT Fermetures de classes : moins d’école, mais plus d’économies… enfin surtout pour certains
→ Lire : À SAINT-PIERRE-DES-CORPS, LES ALSH PRENNENT AUSSI DES VACANCES. SAUF QUE LES PARENTS, EUX, N’ONT PAS TOUJOURS CE LUXE
→ Lire : PÉRISCOLAIRE : ET SI LE PROBLÈME ÉTAIT AUSSI POLITIQUE ?

Sur les quartiers populaires, la Métropole a lancé une grande enquête. Très bien. Mais une enquête n’est pas une politique publique. Et pendant ce temps, à la Rabaterie, les habitant·es attendent toujours des réponses, notamment le grand débat annoncé après le « tamponage » par la police d’un jeune motard, et à la Galboisière on se demande même pas ce qu’est un QPV, vu que personne n’en parle!

→ Lire : QPV : connaître les habitant·es, c’est bien. Leur permettre d’agir, c’est mieux !
→ Lire : TMVL Vs QPV : Ou comment TMVL « bat la communication » avec un entretien annuel dans les quartiers populaires
→ Lire : Rabaterie : La colère gronde, l’aveuglement est institutionnel

Les enfants ont droit aux vacances. Les parents n’ont pas toujours droit aux congés. Et les quartiers populaires, eux, n’ont toujours pas droit à une politique publique digne de ce nom portée par un.e élu.e local.e identifiable

Car il ne suffit pas de nommer un quartier « prioritaire » pour qu’il le devienne dans les faits. La priorité, elle se mesure aux budgets, aux équipements, aux services, aux postes, aux horaires, à la présence publique. Tant que la Rabaterie et la Galboisière resteront des quartiers où l’on enquête mais où l’on ne décide pas, où l’on consulte mais où l’on n’engage rien, le mot « prioritaire » restera ce qu’il est devenu : un label sur une carte, pas une réalité dans les vies, si ce n’est pour illustrer des quartiers qu’un BHNS et un Tramway ignorent.

7. La culture et l’émancipation : le grand malentendu

Enfin, il y a la culture. Ce mot magnifique que la Dynastie Conte a décidé de confisquer au profit d’une programmation élitiste, tournée vers l’attractivité et la gentrification, au détriment des droits culturels et des habitant·es des quartiers populaires.

Ici entre en scène le Vizir Chapeau : Mickaël Chapeau, en charge des archives, du budget participatif, des fêtes et cérémonies, de la communication, de la culture et de la vie associative. Le Vizir Chapeau nous fait penser à celui « bien connu » qui rêve de prendre la première place à la Cour, tout en gérant les festivités de la cité. Son ambition personnelle constitue le ressort comique récurrent : le Vizir Chapeau rêve toujours de devenir le maître du Palais à la place du maître du Palais. Mais derrière le ressort comique, il y a une réalité politique : la culture n’est pas une décoration. C’est un droit. Et quand le Vizir Chapeau confond programmation et politique culturelle, quand il préfère le blason au parchemin, ce sont les droits culturels des habitant·es qui passent à la trappe.

Et ici entre également en scène le Maître des Jeux et de la Jeunesse : Olivier Blain, en charge de la jeunesse et du sport. Celui qui canalise l’énergie de la jeunesse locale entre deux terrains de sport et s’assure que la relève ne manque de rien. Son rôle est de regarder les politiques de jeunesse et de sport à partir des équipements, des pratiques, de l’accès aux activités et de la place donnée à la jeunesse dans la cité. Mais sur la culture, le Maître des Jeux a une responsabilité particulière : c’est lui ou elle qui est chargé·e de veiller à ce que les jeunes des quartiers populaires aient accès aux pratiques sportives et culturelles, aux équipements, aux activités. Or, depuis six mois, (reconnaissons lui une certaine « inexpérience » vu que c’est son premier mandat) les équipements sportifs se dégradent, les activités en direction de la jeunesse se réduisent, les associations sportives peinent à survivre. Le Maître des Jeux a les moyens d’agir. Encore faudrait-il qu’il ou elle les utilise.

→ Lire : Saint-Pierre-des-Corps : quand la culture populaire prend un aller simple pour la gentrification
→ Lire : Saint-Pierre-des-Corps : 64 % d’extérieurs au Centre Culturel Communal… ou comment régler la question de « l’image négative portée » dès le point n°1 du Conseil
→ Lire : La ville inclusive, ou l’art municipal d’inclure sans rien changer
→ Lire : Actions pour une réappropriation politique de la notion de « ville inclusive »

Une ville qui se dit inclusive mais qui n’inclut que celles et ceux qui ressemblent déjà à ses programmateur·rices, ce n’est pas une ville inclusive. C’est une ville qui se regarde dans le miroir en croyant voir la population… ou plutôt celle qu’elle attend nombreuse, mais issue du reste de la Métropole.

La culture n’est pas une décoration. C’est un droit. Et un droit culturel, ce n’est pas seulement le droit d’assister à un spectacle : c’est le droit de participer à la définition de ce qui fait culture dans sa ville, de voir ses pratiques reconnues, de transmettre ses histoires, de créer avec les autres. Quand une politique culturelle parle d’« ouverture » mais ne reconnaît que les codes des dominant·es, elle ne démocratise pas la culture : elle la confisque. Et elle envoie un message très clair aux habitant·es des quartiers populaires : votre culture n’est pas la bonne. C’est un message politique. Et il est inacceptable.

L’intérêt général ? Une notion qu’on invoque… et qu’on oublie aussitôt

Il y a des mots qui devraient être des boussoles. L’intérêt général en fait partie. Et il y a des mandats où ce mot devient un slogan : on l’invoque pour justifier une braderie, pour couper un ruban ou pour masquer un vide réglementaire. Mais l’intérêt général, ce n’est pas ce qui arrange la majorité ni ce qui accélère la liquidation du domaine public. C’est ce qui protège le plus grand nombre : y compris, et surtout, celles et ceux qui n’ont ni réseau, ni mandat.

Patrimoine et foncier : Certes, le dossier du Bien Marceau appartient au mandat précédent, voyant 1 700 m² de patrimoine communal cédés pour à peine 334 m² restitués à la culture. Mais la méthode n’a pas changé : avec la vente sur Ambroise Croizat, la municipalité actuelle poursuit exactement la même politique de marchandisation du bien commun.
👉 Conseil municipal du 23 septembre 2026 – Épisode 6 : Déni démocratique et forfaiture institutionnelle quand l’incurie municipale liquide le bien commun et enterre l’urbanisme réglementaire
👉 L’intérêt général n’est pas à vendre

Urbanisme et PLUm : L’abandon des exigences locales du PLUm, (Plan Local d’Urbanisme métropolitain) avec la vente du patrimoine, montre une capitulation totale : on renonce à orienter l’aménagement de notre propre ville pour mieux laisser le champ libre aux opportunités foncières et aux intérêts privés.

Magasin Général : On nous parle d’un projet « gigantesque ». Sauf que la vente, elle, reste à démontrer. Un projet qui a un titre, un logo, 1 000 emplois annoncés et un calendrier « indéterminé », ça s’appelle encore une promesse. Pas encore un avenir.
👉 MAGASIN GÉNÉRAL : LE PROJET EST MÉTROPOLITAIN. LA VENTE, ELLE, RESTE À DÉMONTRER

Place Maurice-Thorez : On nous a demandé de faire confiance, sans jamais montrer les plans, sans jamais publier les études. Or l’intérêt général, ce n’est pas « circulez, y a rien à voir ». C’est de permettre à chacune et chacun de comprendre ce qui se décide sur son lieu de vie.
👉 Place Maurice-Thorez : quand la communication précède l’explication et nourrit la défiance

Déchets : On nous explique que les habitant·es manquent de civisme. Sauf que l’intérêt général, ce n’est pas d’accuser les usager·ères d’un service public défaillant. C’est d’adapter le service à la réalité, de financer le dernier mètre, et de ne pas remplacer la politique publique par des caméras.
👉 Déchets et TMVL : Si tout est toujours la faute des habitant·es, à quoi sert encore un service public ?

Gens du voyage : Enfin, l’intérêt général est invoqué pour justifier des retards, des fermetures, des dépollutions à répétition. Sauf que l’intérêt général, ce n’est pas de laisser une population attendre vingt-six ans dans des conditions indignes. C’est de respecter la loi, et de garantir la dignité à toutes et tous.
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L’intérêt général, ce n’est donc pas ce qui sert les intérêts de quelques-un·es en invoquant le bien commun. C’est ce qui garantit concrètement les droits, la dignité et la justice pour le plus grand nombre. Et ça, la Dynastie Conte, malgré ses grandes déclarations, ne l’a toujours pas compris.

Épilogue : six mois, et déjà un premier constat

Six mois, ce n’est pas long. Mais c’est suffisant pour constater une chose : la Dynastie Conte gère, communique, inaugure, mais elle ne gouverne pas, au sens noble du terme. Elle ne décide pas en fonction d’un projet, elle arbitre en fonction d’une communication. Elle ne concerte pas, elle présente. Elle ne rend pas de comptes, elle rend des hommages : surtout à la Métropole, qui aujourd’hui est la seule instance qui décide réellement de nos vies.

Car c’est bien là le nœud du problème. À mesure que les compétences montent à la Métropole : mobilités, urbanisme, déchets, eau, habitat, politique de la ville, le pouvoir réel se déplace, mais la démocratie, elle, reste en bas. Les habitant·es continuent d’interpeller leur mairie, leur maire, leurs élu·es municipaux et l’on répond, poliment, que « ce n’est pas de notre compétence ». Sauf que les décisions, elles, continuent de transformer la ville. Le tramway ne s’arrête pas à Saint-Pierre-des-Corps ? C’est la Métropole. Le BHNS s’arrête aux Atlantes ? C’est la Métropole. Le financement de la piscine est annulé, celui de la rue Marcel Cachin plus au programme ? C’est la Métropole. Les déchets débordent ? C’est la Métropole (là non, le coupable c’est nécessairement l’habitant mais toujours pas la ville). Et pendant ce temps, la Dynastie Conte assiste, acquiesce, vote les budgets métropolitains et vient nous expliquer, avec le sourire, qu’elle fait ce qu’elle peut, voire même que c’est super bien.

Le « ravi joli » est devenu une posture de gouvernement. On se réjouit des annonces, on applaudit les projets, on pose sur les photos et l’on omet soigneusement de dire que ces projets ne servent pas toujours Saint-Pierre-des-Corps, et qu’ils la desservent parfois. Le PPA (Projet Partenarial d’Aménagement) organise la transformation de la Porte Est sans que la ville y trouve son compte. Le BHNS évite la gare et les quartiers populaires. Le tramway passe à côté. Les constructions au sud fragilisent le prix du foncier au Nord et les équilibres de la ville. Et pendant ce temps, le Calife et sa Dynastie nous la jouent ravis.

Mais il y a une chose que la Dynastie Conte ne pourra pas nous enlever : la mémoire. Nous continuons. Nous continuons à lire les documents, à poser des questions, à publier des analyses, à demander des comptes. Parce que c’est notre rôle. Parce que c’est le rôle d’un Comité Populaire. Et parce que, comme nous l’écrivions dans notre bilan du mandat précédent :

« La politique n’est pas une opération de communication. C’est un exercice de mémoire. »

La mémoire, justement, c’est ce qui manque le plus à cette majorité. Elle oublie ses promesses, elle oublie ses engagements, elle oublie les habitant·es. Mais nous, nous n’oublions rien. Et nous continuerons à le lui rappeler, article après article, dossier après dossier, scrutin après scrutin.

Parce qu’une ville populaire mérite mieux qu’une bonne administration et une gestion en bon « chef de clan ». Elle mérite une ambition. Elle mérite une vision. Elle mérite du débat politique. Et surtout, elle mérite que l’on parle enfin de celles et ceux qui la font vivre et y vivent.

À Saint-Pierre-des-Corps en Métropole Tourangelle, le 23 octobre 2026.

Le Comité Populaire et néanmoins bienveillant de Vivre (surtout) Ensemble et (si possible) Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT)

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