Notre Contribution : Le « dernier mètre » du BHNS : une omission institutionnalisée, contraire aux engagements publics
Lire la contribution complète là : Contribution finale SMT VESEMT
BHNS, gare TGV, Galboisière, Rabaterie, Atlantes : derrière un tracé, un choix de Métropole
Enquête publique sur le Plan de Mobilité 2026-2036 du Syndicat des Mobilités de Touraine du 28 septembre au 28 octobre 2026
À Saint-Pierre-des-Corps, le débat sur le futur réseau de transports métropolitain ne porte pas seulement sur quelques centaines de mètres de tracé. Il porte sur une question beaucoup plus simple, et beaucoup plus dérangeante :
À quoi sert un réseau structurant s’il s’arrête avant la gare, évite les quartiers populaires et transforme une ville en simple terminus périphérique ?
Après la réunion publique d’information du 6 octobre 2026, consacrée au projet Lignes2Tram, le Comité Populaire de VESEMT a souhaité verser une contribution à l’enquête publique sur le Plan de Mobilité.
Une contribution qui confronte les discours entendus en réunion aux documents officiels du dossier. Et le constat est assez peu confortable.
Le BHNS jusqu’aux Atlantes. Mais pas jusqu’à la gare.
Les documents officiels du projet Lignes2Tram sont clairs : le BHNS doit relier les Douets, à Tours, au secteur des Atlantes à Saint-Pierre-des-Corps.
La gare TGV de Saint-Pierre-des-Corps, elle, n’est pas intégrée à ce tracé. Pourtant, personne ne peut sérieusement considérer la gare comme un équipement secondaire.
C’est un pôle ferroviaire majeur, une porte d’entrée métropolitaine et un générateur considérable de déplacements.
Alors pourquoi le futur réseau structurant viendrait-il jusqu’à Saint-Pierre-des-Corps pour s’arrêter avant la ville et avant la gare ?
- La question a déjà été posée lors de l’enquête publique de 2024.
- Elle reste posée.
- Et surtout, elle reste sans réponse permettant de justifier une modification du tracé.
« SMT savait. SMT a étudié. SMT a choisi. »
C’est probablement le cœur du problème.
Les études d’impact montrent que la gare TGV et le quartier prioritaire de la Rabaterie avaient bien été identifiés comme des secteurs présentant un intérêt en matière de desserte.
Les scénarios étudiés sur le corridor Est intégraient systématiquement ces deux secteurs.
Puis les études ont conclu que le potentiel de fréquentation d’une ligne de tramway vers Saint-Pierre-des-Corps était inférieur à celui des scénarios desservant l’Ouest de la Métropole.
Autrement dit : ce n’est pas l’impossibilité technique qui a écarté la gare et les quartiers populaires. C’est un arbitrage.
Et derrière cet arbitrage, une question politique demeure : quels territoires la Métropole considère-t-elle comme prioritaires lorsqu’elle organise son réseau structurant ?
La gare TGV contre… le centre commercial ?
Le contraste est saisissant.
- D’un côté, une gare TGV, un pôle d’échanges métropolitain, des milliers de déplacements et deux quartiers populaires directement concernés.
- De l’autre, un terminus aux Atlantes (et un autre à la Grande Arche!)
Le dossier du PDM affirme vouloir « garantir l’accès aux services et aux équipements pour tous ».
Mais dans sa configuration actuelle, le BHNS organise l’accès à un centre commercial avant d’organiser celui à la gare.
Il dessert un point de consommation. Pas une centralité métropolitaine.
Voilà le problème.
Et la « future ligne 5 » ?
Lors de la réunion publique du 6 octobre, la perspective d’une « future ligne 5 » a été présentée comme une réponse. Mais une perspective orale ne remplace pas un engagement inscrit dans un document opposable.
À ce jour, cette future desserte ne figure pas dans les documents soumis à l’enquête publique sous une forme permettant d’en connaître précisément le statut, le calendrier ou les garanties.
Alors posons la question autrement :
Une future ligne, c’est pour quand ? Avec quel tracé ? Quel financement ? Quel calendrier ? Quelle décision ?
Car une promesse sans calendrier reste une promesse. Et une promesse absente du document que l’on est précisément en train de soumettre à l’enquête publique ne peut pas être considérée comme une garantie.
Le PDM 2026-2036 est justement l’occasion d’inscrire cette perspective dans une véritable stratégie. Sinon, la « future ligne 5 » risque fort de rester… future.
Deux QPV, une gare, un « dernier mètre »
La contribution attire également l’attention sur la desserte des quartiers prioritaires.
- La Rabaterie et la Galboisière sont directement concernées par cette réflexion sur le réseau structurant.
- La Galboisière a en outre été classée comme QPV par décret du 28 décembre 2023, postérieurement aux études de tracé.
Cela impose au minimum de documenter la situation.
- Pourquoi ces quartiers ne sont-ils pas desservis ?
- Quelles études ont été réalisées ?
- Quels scénarios ont été écartés ?
- Quels chiffres ont conduit aux arbitrages ?
La mobilité n’est pas seulement une affaire de lignes dessinées sur une carte.
C’est une affaire d’accès à l’emploi, aux services, à la gare, aux études, aux équipements et, tout simplement, à la Métropole.
Le « dernier mètre » n’est pas qu’une distance
Entre les Atlantes et la gare de Saint-Pierre-des-Corps, il existe une distance physique.
Mais le véritable « dernier mètre » est ailleurs.
- Il se trouve dans la décision institutionnelle de desservir ou de ne pas desservir.
- De relier ou de ne pas relier.
- D’intégrer ou de laisser à côté.
Le dernier mètre est la mesure d’un choix politique.
Et ce choix concerne directement les habitants de Saint-Pierre-des-Corps.
Une réunion publique sans opposition représentée : un signal démocratique
VESEMT relève également un élément plus politique de la réunion du 6 octobre.
Lors de cette réunion publique consacrée à des projets qui engagent l’avenir de Saint-Pierre-des-Corps pour les prochaines décennies, aucun élu de l’opposition municipale n’était présent, ni excusé.
Il ne s’agit pas ici de juger les choix personnels des élus. Il s’agit de constater un fait.
Une réunion importante concernant la concertation publique sur le Plan de Mobilité s’est tenue alors même qu’une partie de la représentation démocratique locale n’y était pas représentée.
Quand les décisions engagent des décennies, l’absence de débat ne devrait jamais devenir une habitude.
VESEMT demande des réponses. Pas des promesses.
Dans sa nouvelle contribution, VESEMT demande notamment :
- que soit versé au dossier de l’enquête publique le compte rendu de la réunion publique du 6 octobre 2026 ;
- que soit produites les études ayant conduit à écarter la desserte de la gare TGV de Saint-Pierre-des-Corps par le BHNS ;
- que soient rendus publics les éléments de simulation de fréquentation ayant servi aux arbitrages ;
- que soit précisé le statut juridique et le calendrier de la « future ligne 5 » ;
- que soit documentée l’absence de desserte des QPV La Rabaterie et La Galboisière ;
- que soit publiée la matrice des responsabilités entre le SMT, la SNCF, Tours Métropole Val de Loire et la Ville de Saint-Pierre-des-Corps concernant le BHNS et le pôle d’échanges.
Parce qu’une enquête publique n’est pas une formalité.
Parce qu’une réunion publique n’est pas un théâtre où chacun repart avec une promesse.
Et parce qu’un Plan de Mobilité qui engage les dix prochaines années doit pouvoir être discuté sur des éléments précis, vérifiables et opposables.
La question qui reste
Le dossier du PDM prétend garantir l’accès aux services et aux équipements pour tous.
- Alors nous posons simplement cette question : Pourquoi le réseau structurant viendrait-il jusqu’aux Atlantes, mais pas jusqu’à la gare ?
- Et derrière cette question, une autre : Pourquoi les quartiers populaires de Saint-Pierre-des-Corps devraient-ils encore attendre leur desserte structurante ?
Pour le Comité Populaire de VESEMT, le sujet n’est donc pas de demander un privilège pour Saint-Pierre-des-Corps.
Il est de demander que la Métropole regarde enfin toute la Métropole et cette ville en particulier.
- La gare.
- Le centre.
- La Galboisière.
- La Rabaterie.
- Les habitants.
- Et pas seulement les Atlantes.
Un réseau structurant qui s’arrête avant la gare, c’est un réseau qui s’arrête avant son rôle.
Saint-Pierre-des-Corps, le 7 octobre 2026
Abd-El-Kader AÏT-MOHAMED
- Locataire HLM du QPV de la Galboisière, avec vue sur la gare TGV, à Saint-Pierre-des-Corps en Métropole Tourangelle à titre personnel, en tant qu’habitant directement concerné.
- Membre du Comité Populaire et néanmoins bienveillant de Vivre (surtout) Ensemble Solidaires (si possible) En Métropole Tourangelle. (VESEMT)
Ressources VESEMT à associer à l’article
- Contribution complète de VESEMT — 7 octobre 2026 : lire le PDF intégral
- VESEMT — contribution précédente au Plan de Mobilité : « Saint-Pierre-des-Corps ne peut pas rester au terminus des décisions »
- VESEMT — analyse de la position municipale sur le PDM : « De l’opposition à la simple information »
- VESEMT — dossier sur la transformation de la gare de Saint-Pierre-des-Corps : Contribution à la concertation sur la gare
- VESEMT — autres contributions et analyses : rubrique « Des combats »
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