RECOURS À L’IA !
Oui, nous utilisons l’intelligence artificielle. Et alors ?
Il paraît qu’il faudrait presque s’en excuser.
Comme si utiliser une intelligence artificielle pour rechercher, comparer, synthétiser, analyser, reformuler ou produire une image constituait une sorte de tricherie honteuse.
Nous avons décidé de faire exactement l’inverse.
Nous l’assumons.
Et même davantage.
Dans l’aventure VESEMT, une vingtaine d’intelligences artificielles, de modèles et d’outils d’IA ont déjà été partie prenante, à des degrés divers, de nos travaux.
Oui. Une vingtaine d’IA et nous sommes même en cours de création de la nôtre, juste pour être encore plus « secure ».
Pas pour remplacer les cerveaux humains. Pour leur donner davantage de travail.
L’IA n’a pas remplacé notre cerveau. Elle lui a surtout donné du travail supplémentaire.
Contrairement à une légende assez répandue, l’intelligence artificielle ne pense pas à notre place.
Elle peut nous aider à :
- rechercher plus rapidement ;
- parcourir et comparer de grandes quantités de documents ;
- repérer des contradictions ;
- synthétiser des textes complexes ;
- reformuler une argumentation ;
- explorer plusieurs hypothèses ;
- travailler sur des images et des supports graphiques ;
- et parfois nous signaler que notre brillante intuition repose sur une donnée fausse.
Ce dernier service est particulièrement appréciable : Surtout en politique.
Nous lui confions uniquement des kilomètres de papier que personne ne prends pas le temps de lire
Nous travaillons sur la politique locale. Et la politique locale produit énormément de texte.
Des rapports. Des annexes. Des délibérations. Des comptes rendus. Des règlements. Des tableaux. Des budgets. Des conventions. Des programmes. Des communications.
Bref, des centaines de pages que l’être humain normalement constitué aborde parfois avec l’enthousiasme d’un contribuable découvrant sa feuille d’impôts.
L’IA, elle, ne soupire pas. Elle ne demande pas une pause-café bien méritée à la page 17. Elle ne regarde pas l’horloge dès la page 42.
Et surtout : L’ IA ne s’endort pas devant un PDF de 300 pages. Nous, si. Ça arrive.
Nous lui demandons donc de travailler sur ces documents, mais surtout de nous aider à poser les bonnes questions.
Une machine n’est pas une autorité
Soyons parfaitement clairs : l’intelligence artificielle n’est pas une vérité révélée.
C’est un outil. Et comme tous les outils, elle peut être formidable.
Elle peut aussi raconter n’importe quoi avec une assurance remarquable.
Ce qui, là encore, présente quelques similitudes avec certaines productions humaines.
- Nous vérifions donc.
- Nous recoupons.
- Nous relisons.
- Nous confrontons les réponses aux sources.
Nous refusons de prendre pour vérité ce qu’une machine affirme simplement parce qu’elle l’affirme avec une syntaxe impeccable. Car :
- l’IA peut se tromper ;
- elle peut interpréter ;
- elle peut manquer un contexte ;
- elle peut produire une réponse séduisante mais fausse ;
- elle doit donc être contrôlée.
Nous aussi, d’ailleurs. La différence, c’est que nous essayons de le savoir.
Essayez donc par vous-même
Vous voulez vérifier ?
Prenez l’un de nos sujets. Rédigez votre propre prompt. Demandez à une IA ce qu’elle en pense.
Vous risquez d’être étonné·e : Elle ne vous dira probablement pas ce que nous disons.
Pourquoi ?
Parce que, pour l’instant, derrière chaque intelligence artificielle, il y a encore quelque chose de terriblement humain : Une personne qui lui parle, une personne qui lui pose une question, une personne qui lui pose une question qui choisit les informations qu’on lui donne et une personne qui décide de ce qu’il veut en faire. C’est même souvent la même personne
Autrement dit :
La machine n’a pas encore pris le pouvoir. Elle attend toujours qu’un humain lui donne une direction.
Et c’est peut-être là que se trouve la partie la plus intéressante de l’expérience.
Changez le prompt, changez les informations, changez la question… et vous changez souvent la réponse.
Alors essayez.
Prenez un de nos articles, un de nos sujets, un de nos arguments. Posez la question à votre manière. Puis comparez.
Vous verrez peut-être apparaître une autre analyse, une autre hiérarchie des faits, une autre conclusion. Et c’est très bien ainsi.
Car notre objectif n’est pas de fabriquer une intelligence artificielle qui pense comme nous. Ce serait à la fois beaucoup trop facile et parfaitement inutile.
Nous préférons une intelligence artificielle qui nous oblige à préciser ce que nous pensons.
Après tout, derrière la machine, il y a encore de l’humain.
Et derrière ce que nous lui demandons, il y a surtout ce que nous sommes, ce que nous savons, ce que nous ignorons… et ce que nous voulons comprendre et transmettre
Pour l’instant, du moins.
Parce que le jour où les machines commenceront à rédiger elles-mêmes leurs prompts, nous aurons probablement un autre article à écrire. Et celui-là, promis, nous ne leur demanderons pas de le relire.
Une vingtaine d’IA déjà dans l’aventure , une en construction : Mais pas une vingtaine de rédacteurs fantômes
Il faut aussi éviter un malentendu. Nous n’avons pas recruté une vingtaine de robots pour nous fabriquer une opinion.
- Nos valeurs restent les nôtres.
- Nos analyses restent les nôtres.
- Nos choix éditoriaux restent les nôtres.
- Nos colères restent les nôtres.
L’IA peut nous aider à comprendre un budget.
- Elle ne décidera jamais ce que nous pensons de ce budget.
- Elle peut comparer deux programmes.
- Elle ne choisira pas celui qui nous paraît juste.
- Elle peut proposer dix formulations. Nous pouvons lui répondre que les dix sont mauvaises. Et recommencer.
- Elle peut produire une image. Nous pouvons lui demander de recommencer parce que le résultat ressemble à une brochure d’agence de communication sous perfusion de séminaire managérial.
Et l’IA recommence à la demande. Sans prendre la mouche. Il faut reconnaître que c’est appréciable.
L’IA contre la langue de bois : match retour
Il existe surtout une raison pour laquelle nous avons choisi d’assumer cet usage.
- Nous voulons comprendre ce que disent les institutions. Mais aussi ce qu’elles ne disent pas.
- Nous voulons savoir où sont les chiffres. Mais aussi ceux qui manquent.
- Nous voulons comparer les promesses et les réalisations.
- Les discours et les budgets.
- Les compétences annoncées et les compétences réellement exercées.
- Les photographies officielles et le quotidien.
L’IA nous donne un outil supplémentaire pour ce travail. Un outil qui peut notamment aider à :
- défricher des documents complexes ;
- mettre en évidence des écarts ;
- comparer des périodes ;
- repérer des évolutions ;
- retrouver des informations dans des archives volumineuses ;
- tester plusieurs façons d’expliquer un même sujet.
Bref :
Nous voulons regarder sous le capot.
Si une machine nous aide à soulever le capot, nous ne voyons aucune raison de lui demander pardon.
Entre un algorithme qui doute et une promesse qui ne doute jamais…
L’IA possède d’ailleurs une qualité assez rare dans la vie publique :
- elle peut reconnaître qu’elle ne sait pas.
- Pas toujours.
- Pas spontanément.
Mais lorsqu’on la pousse dans ses retranchements, elle peut finir par dire : « je ne sais pas », « cette information doit être vérifiée » ou « cette interprétation est incertaine ».
Ce qui est déjà une belle qualité démocratique. Parce qu’entre :
- un algorithme qui dit « vérifions » ;
- et une promesse politique qui affirme « tout sera réglé demain matin » ;
nous avons appris à nous méfier du second.
L’intelligence artificielle n’est pas infaillible. Mais nous n’avons jamais demandé à la politique de l’être non plus.
Et si les machines se mettent à faire de la politique ?
Nous avons déjà prévu le problème.
Si un jour une intelligence artificielle se met à rédiger des discours politiques plus sincères que ceux des humains, à produire des budgets plus lisibles que les documents officiels et à répondre aux habitant·es sans langue de bois… …nous lui proposerons une place dans le comité.
Mais il faudra respecter quelques conditions :
- pas de culte de la personnalité ;
- pas de promesses intenables ;
- pas de communication triomphale pour masquer les résultats ;
- pas de « concertation » quand la décision est déjà prise ;
- pas de démocratie participative avec participation facultative du peuple ;
- et surtout : pas de langue de bois.
Quant au reste, nous négocierons. À commencer par les indemnités.
Après tout, une vingtaine d’IA au comité, ça finit forcément par poser la question du budget.
Le dernier mot reste humain
Alors oui.
- Nous utilisons l’intelligence artificielle.
- Nous l’utilisons beaucoup.
- Nous l’utilisons avec curiosité, avec prudence, avec esprit critique.
- Nous nous formons et nous l’avons intégré dans ce qu’on appelle, à dessein l’éducation populaire
- Et nous l’assumons.
Parce que le problème n’est pas de savoir si une machine a participé à la fabrication d’un texte, d’une analyse ou d’une image.
La vraie question est de savoir :
- qui lui a posé les questions ;
- avec quelles données ;
- dans quel but ;
- avec quel contrôle ;
- et surtout, qui garde le dernier mot.
Chez nous, le dernier mot reste humain. Collectif. Politique.
Et, si possible, suffisamment drôle pour survivre à la lecture du prochain rapport de 247 pages.
L’IA peut nous aider à lire le monde. Elle ne décidera pas de ce que nous voulons en faire.
Saint-Pierre-des-Corps, 12 mars 2026
L’Intelligence Artificielle du Comité Populaire et néanmoins bienveillant de VESEMT Vivre (surtout) Ensemble et (si possible) Solidaires en Métropole Tourangelle
N.B 1 : Oui, cette signature a probablement été proposée, discutée, reformulée et améliorée avec l’aide d’une intelligence artificielle. Mais rassurez-vous : elle n’a pas encore demandé de droit de vote au comité.
N.B. 2 : Nous n’utilisons pas « PS pour ajouté après signature » par pur souci de protection.

